Vivre la fraternité avec le Père Jacques de Jésus n°7

Editorial

                             Le 29 janvier 1900, Lucien Bunel naît à Barentin en Seine Maritime. Une belle amitié lie les frères et sœurs  dans cette famille heureuse mais pauvre car le père est un ouvrier de filature intelligent et droit. Très tôt, Lucien est attiré par le sacerdoce. Il est ordonné prêtre du diocèse de Rouen en 1925. Il consacre son ministère à la tâche de surveillant et professeur à St Joseph du Havre, directeur spirituel, aumônier scout et prédicateur dans des paroisses du Havre. En 1931, Lucien Bunel entre au Carmel et prend le nom de Jacques de Jésus. En 1934, il fonde et dirige le Petit Collège à Avon (Seine-et-Marne). Il est déporté à Mauthausen en 1944 pour avoir caché 3 enfants juifs et être impliqué dans un réseau de résistance. Il meurt à Linz peu après la libération du camp par les Américains.

 Père Jacques éducateur

            Le 15 septembre 1932, il prononce ses premiers vœux. Il écrit alors : « Notre temps n’a de valeur que ce qu’il vaut aux yeux du Bon Dieu. Or le Bon Dieu ne regarde pas à quoi nous sommes occupés, mais à l’amour que nous mettons à faire ce que nous faisons. Ne soyons jamais affairés, mais aimons beaucoup ».

              Dans le texte suivant, le Père Jacques nous montre sa connaissance de la psychologie des enfants et le but qu’il poursuit vis-à-vis d’eux :       

            « Dieu merci, nos enfants sont des enfants, de vrais enfants bien vivants, qui savent qu’un bavardage n’est pas un péché, mais seulement une imperfection, qui font leur possible d’enfants pleins de vie et de chant, pour être sages et travailler, mais qui gardent le charme d’une réflexion jaillissant spontanément et qui fait rire ou qui s’accordent de temps à autre un bon  moment de rêve. Il est parfois si gonflé de promesses, 1e rêve d’un enfant ! Que voulez-vous, notre idéal n’est pas de former des enfants figés, les bras croisés, et qui garderont toute leur vie l’habitude des bras croisés. Notre rêve est d’habituer nos enfants à savoir distinguer le bien du mal, à connaître la valeur d’un acte de volonté, à s’éprendre d’amour pour tout ce qui rend un son de droiture, de loyauté, d’honneur, et donc à prendre très tôt l’habitude de faire eux-mêmes volontairement librement, avec amour, le mieux possible leur devoir.

            Comme François, jeune élève ne peut poursuivre sa scolarité, le Père Jacques lui donne des cours. Le père de François écrit :

            « Et jour après jour, l’affection de François grandissait. Comment en eût-il été autrement ? Le père Jacques n’était pas seulement un professeur inimitable, mais un ami tendre, délicat, à qui on pouvait tout confier, un grand camarade […]. Souvent au début de l’après-midi, le père l’emmenait en promenade avec son escorte de chiens […]. Au fil des jours, les richesses que Dieu avait placées dans son âme, le père Jacques les versait dans l’âme de l’enfant qu’il appelait « mon François ». 

Père Jacques en garnison

            Lors d’une permission, le Père Jacques parle à ses frères carmes de sa mission : « Rendre service à tour de bras. Se donner soi et tout ce que l’on a, tout ce que l’on peut donner ; temps, intelligence, moyens (tous, intellectuels, spirituels, financiers). Aucune perte d’autorité à craindre si on a par ailleurs une personnalité. Etre entièrement tout à tous. Ne jamais passer à côté d’une misère sans la soulager. Il faut considérer l’apostolat comme une œuvre  de salut personnel. C’est en devenant soi-même plus parfait selon le plan de Dieu, qu’on obtient au dehors les meilleurs résultats. Demeurer le contemplatif qui reste en contact vivant, intime avec 1e Christ; tout le reste se trouve naturellement. Montrer aux hommes que le catholicisme c’est cela : un commerce d’amitié avec Dieu – père – frère – ami ».

Père Jacques au camp de concentration

            En ce lieu de détresse extrême, le Père Jacques a su déployer tous ses trésors de charité fraternelle. Recueillons quelques témoignages de ces codétenus :

            « Au début, nous cherchions à nous sonder mutuellement avec prudence, avec discrétion, il ne me reste pas de souvenirs très précis, sauf la certitude que j’avais affaire à un être hors du commun, à un prêtre dans toute l’acceptation du terme, à un apôtre brûlant de foi et de charité, à un homme qui s’approchait le plus de ce que j’imaginais être un saint […]. Détaché de tout pour lui-même, il n’est préoccupé que des autres, de sa mission. I1 m’a appris ce que c’est que prier. Souvent il interrompt brusquement une phrase et dit « prions ». Capitaine de Bonneval

            « Durant les journées si misérables du camp il m’a aidé avec une telle compréhension, une telle ferveur à continuer, dans des conditions impossibles, à écrire des poèmes que je lui recopiais dans son petit carnet […]. Le père Jacques s’est continuellement penché sur moi ; il m’a aidé à sourire, à tenir mes deux mains jointes malgré les rafales de la mort autour de nous […]. Un jour quelle ne fut pas ma joie quand il m’envoya quelques lignes où il me disait que ma poésie lui était nécessaire, que je faisais parti de la même nuit que celle de saint Jean de la Croix ». Jean Cayrol

                         « Par groupes de quatre nous adoptons un camarade particulièrement fatigué, amaigri et nous prélevons sur notre soupe, sur notre part de pain, une  petite  ration  supplémentaire  qui  aide et soutient cet  homme.  Cet   exemple  a  d’ailleurs  été  suivi  de  tout  le  Kommando et dure plusieurs mois […]. Cette aide matérielle se fait sans aucune distinction et le père tient lui-même les noms des groupes et des camarades aidés ». Jean Pelletier et ses camarades communistes

Résonance pour notre vie :

              « Le Bon Dieu ne regarde pas à quoi nous sommes occupés, mais à l’amour que nous mettons à faire ce que nous faisons. Ne soyons jamais affairés, mais aimons beaucoup ». 

            Au regard de cette parole du Père Jacques, examinons l’une de nos journées.

Prière :

 Seigneur, apprends-moi la douceur,

Donne-moi un cœur qui s’oublie tout entier

pour ne penser qu’aux autres

qui n’a pas de plus grand bonheur

que de laisser absorber tout son temps,

toutes ses forces, tout son dévouement

pour tous ceux qui ont besoin

d’un mot, d’un conseil, d’un service,

bref le cœur qui ne retient

absolument rien de soi pour soi,

mais qui donne tout ce qu’il a et tout ce qu’il est,

sans faire de retour sur l’importance de ce don.        d’après Jacques de Jésus

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