Ecologie spirituelle et Thérèse d’Avila n°1

Editorial

       L’année 2020-2021 a été déclarée : « Année spéciale dédiée à l’anniversaire de l’encyclique Laudato si’», parue en 2015.   Dans sa lettre Laudato si’ sur la sauvegarde de la maison commune, le pape François  souligne le lien  entre déserts extérieurs et déserts intérieurs : « S’il est vrai que les déserts extérieurs se multiplient dans notre monde parce que les déserts intérieurs sont devenus très grands, la crise écologique est un appel à une conversion intérieure”. N° 217  C’est une invitation à regarder, au cours de cette année,  la place de la création, de la nature, chez les maîtres spirituels du Carmel.

                Thérèse d’Avila, Maitresse d’oraison,   raconte dans le livre de sa Vie   au chapitre 9, que pour prier, faire oraison, elle regardait volontiers la nature pour s’élever à la contemplation de son créateur : « Je trouvais profit à voir la campagne, l’eau, les fleurs. Ces choses me rappelaient le créateur : en vérité elles me stimulaient, m’aidaient au recueillement et me servaient de livre ».

               Sa nièce Térèsita, raconte que devant les plantes et les fleurs du jardin, elle ne cessait de dire : « Béni soit Dieu qui t’a créée» et l’encourageait à faire de même.

                 Toute la vie de Thérèse de Jésus est imprégnée de sa relation à Dieu, son message c’est l’oraison, qu’elle définit comme « un commerce intime d’amitié où l’on s’entretient souvent, seul, avec ce Dieu dont on se sait aimé ». Vie 8,5                                                                                           

                Pour parler, de la vie spirituelle,  de son expérience spirituelle, pour tenter de se faire comprendre, elle  a recours à des symboles inspirés par la nature, elle emploie souvent des comparaisons, des images en lien  avec la nature.  

               Thérèse  a une prédilection particulière pour l’eau :  « J’aime tellement cet élément que je l’ai considéré avec plus d’attention que tout autre chose ». Vie 4                                                                              

                     Dans la Vie écrite par elle-même, elle présente le développement de la vie spirituelle. A partir du chapitre 11, elle compare  les quatre façons dont Dieu et l’âme peuvent établir des relations, les différentes étapes dans l’oraison,  à différentes manières d’arroser le jardin.

                   «… voici maintenant une comparaison qui se présente à moi…

Celui qui commence à faire oraison doit se représenter qu’il entreprend de transformer un terrain inculte et couvert de mauvaises herbes en un jardin  d’agrément pour le Seigneur. C’est le Divin Maître lui-même qui arrache les mauvaises herbes et plante les bonnes …

          Or sachons-le, ce travail est déjà fait, quand l’âme se détermine à pratiquer l’oraison  et est entrée dans cette voie. 

            Néanmoins, nous devons en bons jardiniers, veiller avec l’aide de Dieu à faire croître ces plantes, et à prendre soin de les arroser. Au lieu de se dessécher, elles donneront au contraire, des fleurs aux parfums les plus suaves qui réjouiront Notre Seigneur ; et ainsi, il viendra souvent prendre ses délices dans ce jardin  et se réjouir au milieu de ses vertus.

               Voyons maintenant comment on peut arroser ce jardin, afin de savoir ce qu’il y a à faire, et le travail que nous allons nous imposer…et combien de temps il faudra y consacrer.

                  Il me semble qu’il y a quatre manières d’arroser un jardin. D’abord, en tirant de l’eau d’un puits à force de bras, ce qui exige une grande fatigue de notre part.   Ou bien, en tournant à l’aide d’une manivelle  une noria garnie de godets, comme je l’ai fait moi-même quelquefois : avec moins de travail on puise une plus grande quantité d’eau .

                  Ou bien en, en amenant l’eau soit d’une rivière, soit d’un ruisseau : la terre est alors mieux arrosée et mieux détrempée ; il n’est pas nécessaire d’arroser aussi fréquemment, et le jardinier a beaucoup moins de travail.  

                    Enfin il y a la pluie abondante, c’est le Seigneur qui arrose alors sans aucun travail de notre part, et ce mode d’arrosage est sans comparaison supérieur à tous ceux dont nous avons parlé.

                   Appliquons maintenant à notre sujet ces quatre manières d’arroser et d’entretenir ce jardin qui, sans eau ne pourrait rien produire. Cette comparaison me semble très à propos pour donner quelque idée des quatre degrés d’oraison, où le Seigneur dans sa bonté, a daigné élever quelquefois mon âme….

                Les âmes qui commencent à s’adonner à l’oraison, sont celles qui tirent péniblement l’eau du puits, comme je l’ai dit, elles se fatiguent, en effet, pour recueillir leurs sens habitués à se répandre en dehors ; c’est là un très grand travail… leur devoir est de s’appliquer à méditer la vie de Jésus Christ, et cet exercice n’est pas sans fatigue pour l’entendement.   

               Voilà jusqu’où nous pouvons arriver par nos propres efforts secondés, bien entendu, par la grâce de Dieu, … C’est là ce que j’appelle commencer à tirer l’eau du puits. » V 11

             Dieu et l’âme coopèrent, chacun à sa mesure : « je le suppliais d’accroître pour sa gloire le parfum de ces petites fleurs, de ces vertus…C’est alors le moment de sarcler les moindres mauvaises herbes qui y sont demeurées.» V14

Paroles du Pape François dans Laudato si’ :

         « Ensemble, avec toutes les créatures, nous marchons sur cette terre en cherchant Dieu, parce que « si le monde a un principe et a été créé, il cherche celui qui l’a créé, il cherche celui qui est son créateur », Marchons en chantant ! Que nos luttes et notre préoccupation pour cette planète ne nous enlèvent pas la joie de l’espérance ». N°244

 Résonance dans notre vie :

Quelle est mon attitude, devant la  création, devant la nature ?

Sainte Thérèse de Jésus, propose de cultiver, d’entretenir son jardin intérieur, le jardin de notre cœur. Que puis-je faire pour avancer dans cette direction ?

Prière (extraits de Laudato si’) :

        Nous te louons, Père, avec toutes les créatures, qui sont sorties de ta main puissante,                              

        Elles sont tiennes, et toutes remplies de ta présence comme de ta tendresse…

          Apprends-nous à te contempler dans la beauté de l’univers où tout nous parle de toi.

          Eveille notre louange et notre gratitude pour chaque être que tu as créé.

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