Vivre la fraternité avec Edith Stein n°5

Editorial

        Dès son enfance, Edith reçoit beaucoup d’amour en famille. Quand son père est mort, elle n’avait que deux ans, c’était la petite dernière. Ses frères, Paul et Arno approchaient  de la vingtaine, et quittaient la maison… Edith vivra donc avec sa mère et ses sœurs Elsa, Frieda et Rose (de 10 et 8 ans de plus que Edith), et Erna, sa compagne habituelle dont elle dira :

        « Nous vivions ensemble comme des jumelles… ».                         

Et de sa mère :

        « Chez nous, nous lisions à cœur ouvert dans le cœur de notre mère pour savoir comment nous comporter… ».

        En parlant de sa sœur Rosa, chargée particulièrement de l’entretien de la maison, elle dira :

        « J’ai expérimenté son fidèle amour fraternel…  la charge que Rosa remplissait à la maison lui offrait de nombreuses occasions de pratiquer l’amour du prochain. »

         Avec ses collègues de travail, et ses amis (es), Edith entretient de nombreuses et bonnes relations, animées par ce même amour fraternel :

      « J’étais heureuse quand je travaillais avec les autres… 

     « Contre tout jeu de sympathie et d’antipathie s’élève le  commandement du Seigneur : ‘’Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Ceci est valable sans conditions ni exclusions. Le prochain est celui qui vient près de moi, sans exception».  ( Citations rapportée par  V. Aucante)

        « Notre amour pour l’humanité est la mesure de notre amour pour Dieu… Pour le chrétien, il n’y a pas ‘’d’étranger’’. Celui qui se tient devant nous, le voilà le prochain ». (La Crêche et la Croix p.39-40).

          Dans  « Le Mystère de Noël » écrit en 1931 Edith Stein dit :                          

             « Unum esse in Deo ( être un en Dieu) : c’est ce qui est premier. Mais un second le suit immédiatement. Christ est la Tête, nous sommes les membres de son corps mystique : nous sommes membres les uns des autres et nous devons être entre nous un en Dieu, une seule vie divine. Si Dieu est en nous et s’il est l’Amour, il faut que nous aimions nos frères. C’est pourquoi l’amour du prochain est la mesure de notre amour pour Dieu. Mais il est autre que l’amour humain naturel.  L’amour naturel vaut pour celui-ci ou celui-là qui nous est proche par les liens du sang, par la parenté de caractère ou par des intérêts communs. Les autres sont des étrangers, l’un nous indiffère, l’autre, par ce qu’il est, nous est franchement antipathique, de sorte qu’on s’en tient physiquement le plus loin possible. Pour le chrétien, « il n’y a pas de personnes « étrangères ». C’est toujours le prochain que nous avons devant nous et qui a le plus besoin de nous ; qu’il nous soit apparenté ou non et qu’il nous soit sympathique ou non, qu’il soit moralement digne de notre aide ou non. L’amour du Christ ne connait aucune frontière, il n’a pas d’éclipse, il ne s’effraie pas de la laideur ou de la saleté. Il est venu par amour des pécheurs et non des justes. Et si l’amour du Christ vit en nous, nous faisons comme lui et nous allons chercher la brebis perdue. »

        Comme les mesures antisémites des nazis se multiplient, le jour de l’an 1939, Sœur Bénédicte, qui ne veut pas devenir une menace pour sa communauté de Cologne, est transférée au carmel d’Echt en Hollande.

         Le 9 juin 1939, jour anniversaire de l’acte d’offrande de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, Elle rédige son testament, qui est aussi un acte d’offrande pour qu’aucun des siens ne se perde ».

         Elle  évoque également cette figure avec en arrière-plan la spiritualité carmélitaine, à la suite de Jean de la Croix qui prend la reine Esther comme représentante de l’âme qui est parvenue à l’union avec Dieu et peut intercéder devant Dieu pour tous.

            Lorsque la police vient la chercher, Sœur Francisca Teresa, à la porte du Carmel, entend Sœur Bénédicte encourager Rosa : «  Je sais, pour le lui avoir entendu le dire, elle déclara à sa Sœur : “Viens, nous allons pour notre peuple”». Un véhicule de la Gestapo les attend un peu plus loin, avec quelques autres personnes déjà arrêtées. Elles sont conduites au camp de transit d’Amersfoort.

         Qu’Edith ait désiré rester solidaire de son peuple jusqu’au bout, nous en avons le témoignage oral le plus fort à la veille de son départ de Westerbork, à travers la déposition de Wielek, membre du Conseil juif du camp : Comme il n’avait plus aucun doute qu’elle allait être déportée ailleurs dans moins de quelques heures avec les autres Juifs baptisés, je lui demandai qui je devais prévenir, qui pouvait peut-être encore aider. Elle sourit à nouveau : “Non, ne le faites pas. Ne le faites pas s’il vous plaît.” Pourquoi une exception pour elle ou pour ce groupe ? N’était-ce pas précisément ce qui était juste qu’ils ne puissent pas du tout tirer parti de leur baptême ? Si elle ne partageait pas le sort des autres, alors sa vie serait réduite à rien. Donc maintenant ne pas le faire…et elle s’en alla rejoindre sa sœur… je voyais son sourire… sa force… sa fermeté inébranlée qui l’accompagna jusqu’à Auschwitz.

           Un autre témoignage nous relate : « La grande différence entre Edith Stein et les autres sœurs était son silence… Elle donnait l’impression d’avoir à porter une telle masse de souffrance que, quand même parfois elle souriait, c’était encore plus attristant… Elle pensait à la souffrance qu’elle prévoyait, non pas sa propre souffrance, elle était pour cela trop paisible, mais à la souffrance qui attendait les autres.

 Résonance pour notre vie :

       Avec Edith, méditons cette parole :

        « Notre amour pour l’humanité est la mesure de notre amour pour Dieu… Pour le chrétien, il n’y a pas ‘’d’étranger’’. Celui qui se tient devant nous, le voilà le prochain ».

       Pour moi : qui est mon prochain comment je lui manifeste mon amour ?

Prière :

 Fille du Carmel

Plongeant dans le silence du cloitre

Tu deviens l’épouse de l’Agneau

Marquée de son sceau

Tu te livres à la paix de l’Esprit

Dans le don de  ton être fini à l’Etre éternel

Tu n’es pas perdue pour les tiens, devant Dieu

Pour eux, tu te tiens et en son cœur tu les rejoins

C’est pour ton peuple que tu vas

En cheminant dans l’espérance

Avec le poids de la souffrance

 Thérèse, le bois de la croix,

soudain s’illumine pour toi.

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