Marie pour Ste Thérèse de l’Enfant Jésus n°6

Editorial.

La vie de Ste Thérèse de Lisieux a été marquée profondément par le Visage de la Vierge Marie dès son plus jeune âge, par son éducation, mais surtout par la place qu’elle prendra dans son cœur, après le décès de sa maman, alors qu’elle est plongée dans une étrange maladie. C’est au secours de la sainte Vierge que Thérèse devra sa guérison à la pentecôte 1883 et son cœur en gardera une reconnaissance infinie et le don d’en parler avec un grand amour.

Ecoutons le récit de ce moment marquant que Thérèse raconte plus tard à la demande de ses sœurs au Carmel dans ses Manuscrits :

« Ne trouvant aucun secours sur la terre, la pauvre petite Thérèse s’était aussi tournée vers sa Mère du Ciel, elle la priait de tout son coeur d’avoir enfin pitié d’elle… Tout à coup la Sainte Vierge me parut belle, si belle que jamais je n’avais vu rien de si beau, son visage respirait une bonté et une tendresse ineffable, mais ce qui me pénétra jusqu’au fond de l’âme ce fut le « ravissant sourire de la Ste Vierge. » Alors toutes mes peines s’évanouirent, deux grosses larmes jaillirent de mes paupières et coulèrent silencieusement sur mes joues, mais c’était des larmes d’une joie sans mélange… Ah! pensais-je, la Sainte Vierge m’a souri, que je suis heureuse… oui mais jamais je ne le dirai à personne, car alors mon bonheur disparaîtrait.

Sans aucun effort je baissai les yeux, et je vis Marie qui me regardait avec amour, elle semblait émue et paraissait se douter de la

 faveur que la Sainte Vierge m’avait accordée… Ah! c’était bien à elle, à ses prières touchantes que je devais la grâce du sourire de la Reine des Cieux. En voyant mon regard fixé sur la Sainte Vierge, elle s’était dit: « Thérèse est guérie! » Oui la petite fleur allait renaître à la vie, le Rayon lumineux qui l’avait réchauffée ne devait pas arrêter ses bienfaits, il n’agit pas tout d’un coup, mais doucement, suavement, il releva sa fleur et la fortifia de telle sorte que cinq ans après elle s’épanouissait sur la montagne fertile du Carmel. » Manuscrit A 30

Thérèse aurait aimé garder le souvenir de cet instant mais sa sœur, qui l’observait, l’a questionnée : « Comme je l’ai dit, Marie avait deviné que la Sainte Vierge m’avait accordé quelque grâce cachée, aussi lorsque je fus seule avec elle, me demandant ce que j’avais vu, je ne pus résister à ses questions si tendres et si pressantes, étonnée de voir mon secret découvert sans que je l’aie révélé, je le confiai tout entier à ma chère Marie… Hélas! comme je l’avais senti, mon bonheur allait disparaître et se changer en amertume;  pendant quatre ans le souvenir de la grâce ineffable que j’avais reçue fut pour moi une vraie peine d’âme, je ne devais retrouver mon bonheur qu’aux pieds de Notre Dame des Victoires, mais alors il me fut rendu dans toute sa plénitude… je reparlerai plus tard de cette seconde grâce de la Ste Vierge. Maintenant il me faut vous dire, ma Mère chérie, comment ma joie se changea en tristesse. Marie après avoir entendu le récit naïf et sincère de « ma grâce » me demanda la permission de la dire au Carmel, je ne pouvais dire non… A ma première visite à ce Carmel chéri, je fus remplie de joie en voyant ma Pauline avec l’habit de la Sainte Vierge » MA 30

En fait dès toute petite, Thérèse aimait la Sainte Vierge : «Etant trop petite pour aller au mois de Marie je restais avec Victoire et faisais avec elle mes dévotions devant mon petit mois de Marie que j’arrangeais à ma façon, tout était si petit, chandeliers et pots de fleurs, que deux allumettes-bougies l’éclairaient parfaitement; quelquefois Victoire me faisait la surprise de me donner deux petits bouts de rat-de-cave mais c’était rare. » MA 15.

Thérèse se rappelle aussi de sa première confession : « Je me souviens que la première exhortation qui me fut adressée m’invita surtout à la dévotion envers la Sainte Vierge et je me promis de redoubler de tendresse pour elle. En sortant du confessionnal, j’étais si contente et si légère que jamais je n’avais senti autant de joie dans mon âme ». MA 16, 29

Et Thérèse fit bien des efforts pour se rapprocher de sa Mère des Cieux : « Quelque temps après ma Première Communion, le ruban d’aspirante aux enfants de Marie remplaça celui des Saints Anges, mais je quittai l’abbaye n’étant pas reçue dans l’association de la Ste Vierge. Etant sortie avant d’avoir achevé mes études, je n’avais pas la permission d’entrer comme ancienne élève; j’avoue que ce privilège n’excitait pas mon envie, mais pensant que toutes mes soeurs avaient été « enfants de Marie, » je craignis d’être moins qu’elles l’enfant de ma Mère des Cieux, aussi j’allai bien humblement (malgré ce qu’il m’en coûta) demander la permission d’être reçue dans l’association de la Ste Vierge à l’Abbaye. La première maîtresse ne voulut pas me refuser, mais elle y mit pour condition que je rentrerais deux jours par semaine l’après-midi afin de montrer si j’étais digne d’être admise » MA 40v 6

Thérèse explique aussi sa dévotion à Notre Dame des Victoires : « Pour moi je n’en trouvai qu’une seule qui me ravit, cette merveille fut: « Notre-Dame des Victoires ». Ah! ce que j’ai senti à ses pieds, je ne pourrais le dire… Les grâces qu’elle m’accorda m’émurent si profondément que mes larmes seules traduisirent mon bonheur, comme au jour de ma première communion… La Sainte Vierge m’a fait sentir que c’était vraiment elle qui m’avait souri et m’avait guérie. J’ai compris qu’elle veillait sur moi, que j’étais son enfant, aussi je ne pouvais plus lui donner que le nom de « Maman » car il me semblait encore plus tendre que celui de Mère… Avec quelle ferveur ne l’ai-je pas priée de me garder toujours et de réaliser bientôt mon rêve en me cachant à l’ombre de son manteau virginal!… Ah! c’était là un de mes premiers désirs d’enfant… En grandissant j’avais compris que c’était au Carmel qu’il me serait possible de trouver véritablement le manteau de la Sainte Vierge et c’était vers cette montagne fertile que tendaient tous mes désirs… » MA 56v-57r

Au Carmel, dans ses poésies, transparaitront l’amour et la longue contemplation de Thérèse pour la Vierge Marie. Laissons-nous nourrir par ses mots :

PN 5,11 :        
O Vierge Immaculée! C’est toi ma Douce Etoile
Qui me donnes Jésus et qui m’unis à Lui
O Mère! Laisse moi reposer sous ton voile .
Rien que pour aujourd’hui.

PN 11, 2 :       
Je suis bien jeune, et déjà la souffrance
L’épreuve amère a visité mon coeur
Vierge Marie, mon unique espérance
A votre agneau vous rendez le bonheur
Vous me donnez le Carmel pour famille
De vos enfants je suis aussi la soeur
Mère chérie, je deviens votre fille
La fiancée de Jésus mon Sauveur.

Résonance dans ma vie 

Dans ma relation à Marie, quels sont les mots, les expressions de Thérèse qui me touchent, me rejoignent ? A quoi cela m’invite-t-il ?

Prière

PN 49 : A Notre Dame du Perpétuel Secours

1. Mère chérie, dès ma tendre jeunesse
Ta douce Image a su ravir mon coeur
En ton regard je lisais ta tendresse
Et près de toi je trouvais le bonheur.

Refrain :
Vierge Marie, au Céleste rivage
Après l’exil j’irai te voir toujours
Mais ici-bas ta douce Image
C’est mon Perpétuel Secours!

2. Quand j’étais sage et bien obéissante
Il me semblait que tu me souriais
Et si parfois j’étais un peu méchante
Je croyais voir que sur moi tu pleurais…

3. En exauçant ma naïve prière
Tu me montrais ton amour maternel
Te contemplant je trouvais sur la terre
Un avant-goût des délices du Ciel.

4. Lorsque je lutte, ô ma Mère chérie
Dans le combat tu fortifies mon cœur
Car tu le sais, au soir de cette vie
Je veux offrir des Prêtres au Seigneur!…

5. Toujours, toujours image de ma Mère
Oui tu seras mon bonheur, mon trésor.
Et je voudrais à mon heure dernière
Que mon regard sur toi se fixe encor.

Dernier refrain :
Puis m’envolant au Céleste rivage
J’irai m’asseoir, Mère, sur tes genoux
Alors je pourrai sans partage
Recevoir tes baisers si doux!…








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