Marie pour Thérèse d’Avila n°4

Editorial.

Evoquer Thérèse d’Avila, Thérèse de Jésus, c’est avec l’image de la sainte, de la réformatrice du Carmel accueillir la maîtresse de vie spirituelle que nous donne l’Eglise. A travers ses écrits où Thérèse nous partage son expérience spirituelle, nous percevons l’importance de la Vierge Marie dans sa vie, sa profonde intimité avec Marie et le rôle de Marie dans son itinéraire spirituel.

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Chez Sainte Thérèse de Jésus, l’amour de Marie et la dévotion à Marie s’enracinent dans la tradition familiale et dans la piété populaire, sentiments filiaux qui se sont développés, approfondis et personnalisés au Carmel. Son âme profondément mariale s’est façonnée progressivement comme elle-même le raconte beaucoup plus tard.

« Le soin que prenait ma mère de nous faire prier et de nous inspirer de la dévotion envers Notre Dame, commencèrent à m’éveiller vers l’âge me semble-t-il de six ou sept ans… Je cherchais la solitude, pour y réciter mes prières qui étaient nombreuses ; le chapelet y tenait la première place, car ma mère avait cette dévotion très à cœur et prenait soin de nous l’inculquer» (Vie 1,1,6) « Quand ma mère mourut, j’avais, je m’en souviens, près de douze ans. Comprenant en partie la perte que je venais de faire, je m’en allai le cœur désolé, devant une statue de Notre Dame et je suppliai la très Sainte Vierge avec beaucoup de larmes de me tenir lieu de mère.» (V1,7). Geste spontané, démarche personnelle lourde de signification.

Quand, trente ans plus tard, la sainte relit sa vie, et comment à douze ans elle s’est adressée à Marie, sans réaliser la portée de son geste, elle constate que chaque fois qu’elle s’est adressée à Marie au cours de son existence, sa prière n’est jamais restée sans réponse.
« Cette demande, toute naïve qu’elle était, fut exaucée, je crois ; car depuis, je ne me suis jamais recommandée à cette Vierge souveraine, sans expérimenter son secours, et finalement, elle m’a ramenée auprès d’elle » (V1,7) Sans doute Thérèse pense-t-elle aux années qui suivirent, à son adolescence difficile et à son entrée au Carmel.

Pendant son long combat intérieur, ses premières années de vie au carmel où elle se sent écartelée, entre ses désirs et ses actes, prisonnière de ses attachements, elle recourt à l’intercession de Marie : « Jésus. Comme l’âme reconnaît la multitude de vos largesses et de vos miséricordes, en même temps que sa misère…C’est alors qu’elle se confie à la Reine du Ciel et lui demande d’intercéder pour elle.» (V 19,5).

Marie, est un modèle, une mère spirituelle qui soutient Thérèse sur son chemin de perfection, de sainteté. De même qu’elle a longuement et amoureusement contemplé les « mystères de l’humanité très sainte de Notre Seigneur Jésus Christ », Thérèse de Jésus contemple les mystères joyeux, douloureux, glorieux de la vie de Marie unie à son Fils Jésus,. Elle s’arrête particulièrement sur les aspects de la vie de Marie, les attitudes qui peuvent l’aider et aider ses filles à vivre pleinement l’Evangile, elle se laisse enseigner par Marie. «Il est bon de nous rappeler aussi comment se conduisit la Vierge Notre Dame, elle si remplie de sagesse. Lorsqu’elle eut demandé à l’ange : Comment cela se fera-t-il ?et qu’elle eut reçu cette réponse : l’Esprit Saint surviendra en toi, et la vertu du très haut te couvrira de son ombre (Lc 1,35), elle ne se mit plus en peine de raisonner. Dans sa sagesse et sa foi si grandes, elle comprit aussitôt que ces deux puissances intervenant, il n’y avait plus lieu d’interroger ni de douter. Ce n’est pas ainsi que font certains théologiens… que Dieu ne conduit pas par ce genre d’oraison…qui veulent mesurer toutes choses selon leur esprit…Ah ! S’ils apprenaient un peu de l’humilité de la Très Sainte Vierge » (PAD 6,7).
« C’est cette humilité qui a amené le Seigneur à descendre du ciel dans le sein de la Vierge Marie ; c’est grâce à elle aussi que nous pourrons l’attirer dans nos âmes. Soyez bien convaincues qu’on le possède plus ou moins, en fonction de notre degré d’humilité …» (C 16,2). « Imitons, mes filles, la grande humilité de la Vierge très sainte dont nous portons l’habit.» (C 13,3 ).

Thérèse, souligne le courage avec lequel Marie suivit Jésus jusqu’à la croix, « que n’a-t-elle pas dû souffrir au pied de la croix ? » ( C 26,8). « Vous, mes filles, bénissez Dieu d’être de vraies filles de cette Souveraine. Avec une mère si parfaite, vous n’avez plus à rougir de ma misère. Imitez ses vertus, voyez aussi quelle est la grandeur de cette Souveraine et quel avantage on retire de l’avoir pour Patronne»(D 3,1/3) « C’est une excellente, compagnie que celle de Jésus ne nous séparons pas de lui, non plus que de sa très Sainte Mère.» (D 6, 6/7)

A la confiance filiale de Thérèse, qui attend tout de sa mère, Marie répond par des lumières sur ses vertus. Notre Dame l’assure de sa protection, se manifeste à Thérèse dans des visions pour l’entraîner plus avant sur son chemin spirituel. et éclairer son œuvre de fondation.
En dépit d’innombrables difficultés, sûre de la protection de Marie elle entreprend la Réforme de l’Ordre du Carmel, de l’Ordre de la Vierge ainsi qu’elle aime le nommer. Elle fonde « les petits colombiers de la Vierge » (F.4,5) pour y vivre avec le Christ, servir Dieu et honorer la Vierge Marie, prier pour les besoins de l’Eglise et de tous les hommes. Pour Sainte Thérèse de Jésus, Marie est un peu comme la présence maternelle qui éclaire, fait entendre et comprendre ce que le Christ attend d’elle et ce qu’Il veut d’elle pour son Eglise.

Résonance dans notre vie…      

« Avec Marie à ses côtés, Thérèse est parvenue à se donner toujours plus librement au Seigneur. Elle s’est appuyée sur Marie pour parcourir son itinéraire mystique personnel et entraîner ses filles et tous ses lecteurs, dans son sillage de foi et d’amitié » (D.M Golay O.C.D.)
      Le Pape François nous rappelle que « La Vierge Marie, est la sainte parmi les saints… celle qui nous montre le chemin de la sainteté et qui nous accompagne. »
Dans mon itinéraire spirituel, quelle est la place de Marie ? Ai-je recours à Elle pour cheminer vers la sainteté ?

Prière

Sainte Mère de Dieu,
Reine et Beauté du Carmel,
laisse-nous te contempler.
Apprends-nous ton silence,
ton recueillement, ton regard.
Apprends-nous à vivre
le regard fixé sur ton Fils Jésus,
à lui tenir compagnie.
Marche avec nous Marie,
sur nos chemins de foi,
au service de nos frères,
intercède pour nous.
Que ta douce présence,
nous protège à tout jamais !

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