Marie pour Elisabeth de la Trinité n°3

Editorial 

Pour Elisabeth, Marie, la mère de Celui qui a dit « Je suis la lumière du monde », est en même temps le plus beau miroir de la Trinité et le meilleur portrait du chrétien. Elisabeth nous rappelle la vocation mariale et érémitique des frères et sœurs de l’Ordre de Notre Dame du Mont Carmel : essentiellement, vivre ce que Marie vivait en son cœur au moment de l’Annonciation, c’est-à-dire le grand mystère de l’œuvre de l’Esprit Saint lors de l’Incarnation du Verbe, Fils du Père ; autrement dit, partager l’expérience trinitaire elle-même, telle qu’elle est révélée dans l’Incarnation.

Novice carmélite, à 22 ans, le jour de la Sainte Trinité,  elle écrit pour Sœur Marie de la Trinité  le Poème 79 : « 
Elle (Marie) attire le Ciel, et voici que le Père
Va lui livrer son Verbe, pour en être la Mère !
Alors l’Esprit d’amour de son ombre la couvre,
Les Trois viennent à elle, c’est tout le Ciel qui s’ouvre,
Qui se penche et s’incline, adorant le mystère
De ce Dieu qui s’incarne en cette Vierge Mère »

Et à Mère Marie de Jésus dans la lettre 107 :
« Oh! ma bonne Mère, priez un peu pour que la petite  «maison de Dieu » soit toute pleine, tout envahie par les Trois! »  
A partir du 24 février 1903, elle entretient une correspondance avec le frère de son beau frère,  l’abbé Chevignard qui se prépare à devenir prêtre
Lettre 185 
« Je lis en ce moment de bien belles pages dans notre bienheureux Père saint Jean de la Croix sur la transformation de l’âme en les trois Personnes divines. Monsieur l’Abbé, à quel abîme de gloire nous sommes appelés … Je voudrais y répondre en passant sur la terre comme la Sainte Vierge, « gardant toutes ces choses en mon cœur », m’ensevelissant pour ainsi dire dans le fond de mon âme afin de me perdre en la Trinité qui y demeure, pour me transformer elle. Alors ma devise, «mon idéal lumineux» comme vous me le dites, seront réalisés, ce sera bien Élisabeth de la Trinité »

Puis le 27 avril 1904, la lettre 199 :
« Pendant ce mois de mai je vous serai tout unie en l’âme de la Vierge, c’est là que nous adorerons la Sainte Trinité. J’aime beaucoup ce que vous me dites de Marie dans votre lettre et je vous demande, puisque vous vivez si près d’elle, de la prier un peu pour moi. J’envisage aussi ma vie de carmélite sous cette double vocation: «vierge-mère». Vierge: épousée en la foi par le Christ; mère: sauvant les âmes, multipliant les adoptés du Père, les cohéritiers de Jésus Christ. »

Déjà minée par la maladie, au début d’août 1906 Elisabeth écrit ce petit traité pour laisser un message spirituel à sa sœur Guite, elle écrit :       
« Si tu savais le don de Dieu… » Il est une créature qui connut ce don de Dieu, une créature qui n’en perdit pas une parcelle, une créature qui fut si pure, si lumineuse, qu’elle semble être la Lumière elle-même. Une créature dont la vie fut si simple, si perdue en Dieu que l’on ne peut presque rien en dire.  « Virgo fidelis  »: c’est la Vierge fidèle, « celle qui gardait toutes choses en son coeur » Elle se tenait si petite, si recueillie en face de Dieu, dans le secret du temple, qu’elle attirait les complaisances de la Trinité sainte : « Parce qu’Il a regardé la bassesse de sa servante, désormais toutes les générations m’appelleront bienheureuse !… »Le Père se penchant vers cette créature si belle, si ignorante de sa beauté, voulut qu’elle soit la Mère dans le temps de Celui dont Il est le Père dans l’éternité. Alors l’Esprit d’amour qui préside à toutes les opérations de Dieu survint; la Vierge dit son fiat: « Voici la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon votre parole », et le plus grand des mystères fut accompli. Et par la descente du Verbe en elle Marie fut pour toujours la proie de Dieu. »  
Le ciel dans la foi n° 39

« Il me semble que l’attitude de la Vierge durant les mois qui s’écoulèrent entre l’Annonciation et la Nativité est le modèle des âmes intérieures, des êtres que Dieu a choisis pour vivre au-dedans, au fond de l’abîme sans fond. Dans quelle paix, dans quel recueillement Marie se rendait et se prêtait à toutes choses! Comme celles qui étaient les plus banales étaient divinisées par elle! Car à travers tout la Vierge restait l’adorante du don de Dieu ! Cela ne l’empêchait pas de se dépenser au-dehors lorsqu’il s’agissait d’exercer la charité ; l’Evangile nous dit que Marie parcourut en toute diligence les montagnes de Judée pour se rendre chez sa cousine Élisabeth. Jamais la vision ineffable qu’elle contemplait en elle-même ne diminua sa charité extérieure. Car, dit un pieux auteur, si la contemplation  » s’en va vers la louange et vers l’éternité de son Seigneur, elle possède l’unité et ne la perdra pas. Qu’un ordre du Ciel arrive, elle se retourne vers les hommes, compatit à toutes leurs nécessités, se penche vers toutes leurs misères; il faut qu’elle pleure et qu’elle féconde. Elle éclaire comme le feu; comme lui, elle brûle, absorbe et dévore, soulevant vers le Ciel ce qu’elle a dévoré. Et quand elle a fait son action en bas, elle se soulève, et reprend, brûlante de son feu, le chemin de la hauteur. »
Le ciel dans la foi n°40

A la fin du mois d’août 1906, sa prieure, Mère Germaine qui dès son entrée a su reconnaitre  la profondeur de la jeune carmélite, sentant que sa mort approche, lui propose de consigner par écrit les lumières de sa retraite « Après Jésus-Christ, sans doute à la distance qu’il y a de l’Infini au fini, il est une créature qui fut aussi la grande louange de gloire de la très sainte Trinité. Elle répondit pleinement à  l’élection  divine, dont   parle  l’Apôtre : elle  fut  toujours « pure, immaculée, irrépréhensible » aux  yeux  du  Dieu trois fois  saint. Son âme est si simple. Elle semble reproduire sur la terre cette vie qui est celle de l’Etre divin, l’Etre simple. »                           Dernière Retraite n°40 

Résonance pour notre vie …

La mission de l’Eglise comme « Le ciel dans la foi » n’appellent-ils pas à être, selon Saint Paul « louange de gloire » ? (Ep 1,14) « Soyons louanges de gloire de la Sainte Trinité, louanges d’amour de notre Mère immaculée… » nous dit Sainte Elisabeth de la Trinité.

Prière

Sainte Marie Mère de Dieu, nous te saluons toi qui as connu dans ton sein virginal Celui que les cieux ne peuvent contenir, toi par qui la Trinité est glorifiée et adorée sur toute la terre ; par qui le ciel exulte ; par qui les anges et les archanges sont dans la joie… par qui le saint baptême est accordé à ceux qui croient avec l’huile d’allégresse ; par qui sur toute la terre, les Eglises ont été fondées ; par qui les nations païennes sont amenées à la conversion. Qu’il nous soit donné de vénérer et d’adorer l’unité, de vénérer et d’adorer l’indivisible Trinité en chantant tes louanges,  Marie mère de Dieu.

D’après l’homélie de Cyrille d’Alexandrie au Concile d’Ephèse

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