La joie à la lumière des saints du Carmel- Laurent de la Résurrection

Editorial

Christ chapiteau st nectaireEn 2015-2016, nous avons médité la miséricorde chez quelques saints du Carmel. Cette année, chez ces mêmes saints, nous essaierons de voir comment « la joie de l’Evangile » dont parle le Pape François, a imprégné toute leur vie jour après jour.

Nicolas Herman, en religion «  Laurent de la Résurrection o.c.d. », est mort en 1691. Toute sa vie est imprégnée de la Présence de Dieu, Présence qui le transforme. Présence qui le remplit de joie, l’inonde de bonheur, et le fera choisir une Congrégation pour y embrasser un genre de vie dont les règlements sont fondés, non sur le sable mouvant d’une dévotion passagère, mais sur la pierre ferme de Jésus-Christ. Il a besoin d’un cadre pour l’aider à vivre pleinement sa vie avec le Seigneur. Ainsi, notre solitaire veut-il que règnent en lui « la paix, la joie, et non tantôt la tristesse, tantôt le trouble, tantôt la confiance ou tantôt l’accablement ». (EL 15- EL = Eloges)
Laurent remarque les merveilles de la puissance, de la sagesse et de la bonté du Créateur, qui remplissent son esprit de joie et le font s’écrier avec le  Prophète :

« Ô Seigneur, ô Dieu des dieux, que vous êtes incompréhensible en vos pensées, profond en vos desseins. »

Dans la santé, comme dans la maladie,
« il montre une joie tout extraordinaire. »
EL 52.
Cette joie paraît non seulement sur son visage, mais encore dans sa manière de parler.  

Arrive un jour où sa maladie s’aggrave, c’est dans la  joie  qu’il demande  et  reçoit le sacrement des malades. Ses frères, le voyant si joyeux, demandent ce qu’il fait  et  à  quoi  son esprit est occupé :
« Je fais, répond-il, ce que je ferai dans toute l’éternité : je bénis Dieu, je  loue  Dieu,  je l’adore et je l’aime de tout mon cœur. C’est là tout  notre  métier mes frères, d’adorer Dieu et de l’aimer, sans se soucier du reste.» EL 59       

« Il faut nourrir son âme d’une haute idée de Dieu, et de là nous tirerons une grande joie d’être à lui.… de vivifier notre foi. EN 5.
… de se donner entièrement et en pur abandon à Dieu, pour le temporel et pour le spirituel… tout doit être égal à celui qui est vraiment abandonné !

Laurent raconte à un ami que son oraison n’est plus que présence de Dieu… Il se tient  toujours près de Lui pour le louer et le bénir de toutes ses forces. Il passe sa vie dans une continuelle joie. 47 EN.

« Vous saurez, dit-il à une religieuse, que mon principal soin, depuis plus de quarante ans que je suis en religion, a été d’être toujours avec Dieu, et de ne rien faire, de ne rien dire et de ne rien penser qui lui puisse déplaire. Je suis à présent si habitué à cette divine présence, que j’en reçois des secours continuels en toutes sortes d’occasions. Il y a environ trente ans que mon âme jouit de joies intérieures continuelles … L 1 (L = Lettre)

Il confie à un ami :
« Si quelquefois je suis un peu trop absent de cette divine présence, Dieu se fait sentir aussitôt dans mon âme … Je réponds avec une exacte fidélité à ces attraits intérieurs : ou par une élévation de mon cœur vers Dieu, ou par un regard doux et amoureux, ou par quelques paroles que l’amour forme en ces rencontres, par exemple : « Mon Dieu, me voici tout à vous : Seigneur, faites-moi selon votre cœur.» Et … je sens que ce Dieu d’amour se contentant de ce peu de paroles, se rendort et se repose au fond de mon âme. L’expérience de ces choses me rend si certain que Dieu est toujours en ce fond de mon âme, que je n’en peux former aucun doute, quoi que je fasse et qu’il m’arrive. »

« Jugez de là, ma  Mère, quel est le contentement et la satisfaction dont je jouis. Sentant en moi continuellement un si grand trésor, je ne suis plus dans l’inquiétude de le trouver, je ne suis plus en peine de le chercher. L 1

« Dieu a des trésors infinis à nous donner ; et une petite dévotion sensible, qui passe en un moment, nous satisfait… par là, nous lions les mains à Dieu et nous arrêtons l’abondance de ses grâces. Mais lorsqu’il trouve une âme pénétrée d’une foi vive, il lui verse des grâces en abondance. C’est un torrent arrêté par force contre son cours ordinaire qui, ayant trouvé une issue, se répand avec impétuosité et avec abondance. Oui, souvent nous l’arrêtons, ce torrent, par le peu d’estime que nous en faisons…  L 1

« L’amour adoucit les peines et lorsqu’on aime Dieu, on souffre pour lui avec joie et avec courage ; … Il est le seul et unique remède à tous nos maux… » L. 21
« il est le Père des affligés, toujours prêt à nous secourir, il nous aime infiniment plus que nous ne pensons. Aimez-le donc... L 14

Un de ses amis note :
« Laurent a renoncé véritablement au monde pour ne plus vaquer qu’à cultiver son âme et à connaître Dieu et son Fils Jésus-Christ, Cet homme religieux qui avait pour règle l’Évangile….
priait en tout lieu, non en employant beaucoup de paroles, mais en secret dans le fond de son âme : en promenade, en conversation, dans le repos, pendant la lecture ou le travail. Il louait Dieu continuellement, non seulement le matin en se levant et à midi : mais dans toutes ses actions il rendait gloire à Dieu… » M.30. (M=Mœurs)

« L’application qu’il a par la prière aux choses spirituelles le rend doux, affable, patient… ne donnant prise sur lui ni au plaisir ni à la douleur. La joie de la contemplation dont il se repaît continuellement sans en être rassasié, ne lui permettent pas de sentir les petits plaisirs de la terre. Il habite par la charité avec le Seigneur, quoique son corps paraisse encore sur la terre ; et il n’a plus de goût pour les biens du monde ; Il  ne désire rien, parce qu’il a l’objet de son désir, autant qu’il est possible. Il n’a point besoin de hardiesse, parce que rien en cette vie n’est fâcheux pour lui, ni capable de le détourner de l’amour de Dieu. ….
« Il aime toujours Dieu et est tourné tout entier vers lui seul. Il n’a point de jalousie, parce que rien ne lui manque. »
« Son âme est dans une consistance solide, exempte de tout changement… Oubliant tout le reste il n’est attaché qu’à Dieu seul. Il s’applique joyeusement à méditer la loi du Seigneur et à veiller dans la prière, non par obligation mais porté par l’élan de la joie spirituelle. Flèche15
Il ajoute encore :
« Dans la cellule solitaire, heureusement dissimulés à la vanité du monde, nous recevons  les  vraies joies  du  Paradis,  qui recréent notre   » homme intérieur  » et le restaurent, de sorte que notre désir est toujours  à  la fois assoiffé et comblé. Je ne m’occupe qu’à me tenir toujours en sa sainte Présence, en laquelle je me tiens par une simple attention et un regard général et amoureux en Dieu, que je pourrais nommer présence de Dieu actuelle, ou pour mieux dire un entretien muet et secret de l’âme avec Dieu, qui ne passe quasi plus ; ce qui me cause quelquefois des contentements et des joies intérieures ».

« Je ne veux que Lui et veux être tout à Lui… »  L 2

Résonnance dans ma vie

Son oraison n’était plus que présence de Dieu.
« je ne m’occupe qu’à me tenir toujours en sa sainte présence, je me tiens par une simple attention et un regard amoureux en Dieu … ce qui me cause quelquefois des contentements et des joies intérieures.  « Je ne veux que lui et veux être tout à lui. »

 Est-ce une joie pour moi d’aller à l’oraison ?
– A l’oraison : c’est Lui ou moi que je viens rencontrer ?
– Quel est mon désir d’être tout à Dieu ?

Prière

Avec Laurent de la Résurrection méditons quelques passages des Psaumes qui ont nourri sa prière :
« Crée en moi un cœur  pur, ô mon Dieu…
donne-moi la joie de ton salut.»
Ps 49/50

A toi, Seigneur, la louange est due, …belle-ile
Tu couronnes l’année de tes bontés,
Sur tes ornières la pluie ruisselle,
Les collines débordent d’allégresse…
Tout exulte et chante… Ps 65

« Qu’elle est grande, Seigneur, l’abondance de ta douceur  que tu as cachée aux savants
et révélée aux tout petits. Mt 11 /

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