La joie à la lumière des saints du Carmel-Elisabeth de la Trinité

Editorial

Le dimanche 16 Octobre 2016, c’était grande joie pour l’Eglise et le Carmel, le pape François canonisait Sainte Elisabeth de la Trinité !

Avec elle nous avons un guide sûr et lumineux, sur le chemin  du bonheur et de  la sainteté, « … un témoin éclatant de la joie d’être enracinée et fondée dans l’amour … parce qu’elle se sait habitée au plus intime d’elle-même par la présence du Père, du Fils et de l’Esprit en qui elle reconnaît l’amour infiniment vivant …»  comme le déclarait Jean Paul II lors de sa béatification en 1984.

Elisabeth n’a vécu que vingt six ans (1880-1906), mais toute sa vie de jeune laïque et de carmélite a rayonné la joie, la joie de se savoir aimée, joie profonde qu’elle a voulu partager à ses proches et à ses amis.
Tous ses écrits témoignent de l’intense bonheur qui l’habite :

  « Je ne trouve pas d’expression pour dire mon bonheur, chaque jour je l’apprécie davantage » Lettre 91.

       Ecoutons-la nous livrer : « son secret du bonheur ». Dans ce premier  feuillet  nous nous limiterons à quelques extraits de ses lettres à ses proches. 

       A sa tante Mathilde :

«… Te rappelles-tu nos promenades le soir au clair de lune ? Oh ! que c’était beau ce vallon à la lumière des étoiles, cette immensité, cet infini, tout cela me parlait de Dieu !… … J’ai trouvé mon ciel sur la terre en ma chère solitude du Carmel où je suis seule avec Dieu seul. Je fais tout avec Lui, aussi je vais à tout avec une joie divine ; que je balaie, que je travaille ou que je sois à l’oraison, je trouve tout bon et délicieux… Lettre 139.

A ses tantes :

« Votre petite Elisabeth goûte cette joie, cette dilection des enfants de Dieu, de ceux qui croient à l’amour qu’Il a eu pour eux »… L 235

A Madame de Sourdon :

« Votre petite amie est si heureuse, d’un bonheur que Dieu seul connaît car il en est l’Unique objet, bonheur qui ressemble bien à celui du Ciel. » L  157

A Marguerite Gollot, une amie              

« Oh! que c’est bon  d’unir, d’identifier notre volonté à la sienne, alors on est toujours heureuse, toujours contente !… Lui qui nous a tant gâtées ! Oh qu’Il nous aime, chère sœur ; si pouvions seulement comprendre cette passion d’amour de son cœur !…
 …Oh ! ne plus voir que Lui toujours ; quand même cette main pleine d’amour semble faire saigner le cœur ; quand même Il se cache, Lui que nous cherchons uniquement !”
Lettre 44.  

            A son amie Françoise   

«….Ah si je pouvais t’apprendre le secret du bonheur comme le Bon Dieu me l’a appris. Tu dis que je n’ai ni soucis ni souffrances ; il est vrai que je suis bienheureuse, mais si tu savais comme, alors que l’on est contrarié, on peut être tout aussi heureuse ; il faut toujours regarder au bon Dieu. Au commencement il faut faire des efforts lorsqu’on sent tout bouillonner en soi, mais tout doucement à force de patience et avec le bon Dieu on en vient à bout ;  Il faut que tu te bâtisses comme moi une petite cellule au-dedans de ton âme ; tu penseras que le bon Dieu est là, et tu y entreras de temps en temps ; lorsque tu sens tes nerfs, que tu es malheureuse, vite sauve-toi là et confie tout cela au Maître …
L 123.
Vois-tu je suis heureuse, je demande au bon Dieu de te faire goûter aussi les douceurs de son amour et de sa présence : c’est cela qui transforme, qui illumine la vie, c’est le secret du bonheur … ! L 174
…Oh, ma Françoise, toi qui as un cœur si ardent, ne comprends-tu pas ce que c’est que l’amour quand il s’agit de Celui-là qui nous a tant aimées ? Si tu savais comme Il t’aime, et comme moi je t’aime aussi … L 182

     A une amie M.L (qui attend un enfant)

« Ma bonne Marie Louise, je me réjouis de vos espérances et de l’arrivée du petit ange. Ne craignez pas, soyez toute dans la paix du bon Dieu, Il vous aime, Il veille sur vous comme la mère sur son petit enfant. Pensez que vous êtes en Lui, qu’Il se fait votre demeure ici-bas ; et puisqu’Il est en vous, que vous Le possédez au plus intime de vous-même, qu’à toute heure du jour et de la nuit, dans toutes joies ou épreuves vous pouvez le trouver là, tout près, tout au-dedans. C’est le secret du bonheur, c’est le secret des saints, ils savaient si bien qu’ils étaient le temple de Dieu. »   L 175

         A sa Mère :

« … Laisse-moi te dire que je suis heureuse, divinement heureuse, que le bon Dieu a été trop bon pour moi ; c’est tout un flot qui déborde de mon âme, flot de reconnaissance et d’amour envers Lui et envers toi : merci de m’avoir donnée à Lui … Je t’embrasse maman chérie, comme toi je sens le sacrifice, mais je suis divinement heureuse… L 130 
… Et maintenant, ma maman chérie, il ne me reste que la place de te dire un souhait : que Celui qui m’a prise à Lui  soit toujours plus l’Ami en lequel tu te reposes de tout. Vis en son intimité comme on vit avec Celui qu’on aime, en un doux cœur à cœur ; c’est le secret du bonheur de ta fille, qui t’embrasse avec tout l’amour de son cœur  de carmélite, ce cœur  qui est tout à toi, car il est tout à Lui, tout à la Trinité”.   L 170 

… Oh ! vois- tu, il y a un mot de Saint Paul qui est comme un résumé de ma vie, et qu’on pourrait écrire sur chacun de ses instants : « propter nimiam  charitatem ». Oui ces flots de grâce, c’est « parce qu’Il m’a trop aimée ». Maman chérie, aimons-Le, vivons avec Lui comme avec un être dont on ne peut se séparer. Tu me diras si tu fais des progrès dans le chemin du recueillement en la présence de Dieu… Rappelle-toi ces mots de l’Evangile : ”le royaume de Dieu est au-dedans de vous.” Entre en ce petit royaume pour adorer le Souverain qui y réside comme en son propre palais ; Il t’aime tant… »  L 280

 Résonance dans ma vie                                 

Dans son exhortation apostolique: « La joie de l’Evangile » n°1,  le pape François invite les chrétiens à une nouvelle étape évangélisatrice marquée par la joie…
Il rappelle que la joie de l’Evangile remplit le cœur et toute la vie de ceux qui  rencontrent Jésus.

Tous, quelque soit notre vocation, nous sommes appelés au bonheur.
En suis-je convaincu(e) ?

Elisabeth a goûté cette joie profonde, elle nous en livre le secret, elle n’a qu’un désir : nous entraîner sur ce chemin.
Comment retentit en moi cette invitation au bonheur ?
Quels appels pour moi aujourd’hui ?

Prière.    Nous pouvons prier avec les mots d’ Elisabeth :

O mon Dieu, Trinité que j’adore,
aidez- moi 
à m’oublier entièrement
pour m’établir en vous…
Que rien ne puisse troubler ma paix…
Que chaque minute m’emporte plus loin
dans la profondeur de votre Mystère.
Pacifiez mon âme, faites-en votre ciel,

votre demeure aimée et le lieu de votre repos
Que je ne vous y laisse jamais seul,
mais
que je sois là tout entière,  tout éveillée
en ma foi, tout adorante,
toute livrée à votre Action créatrice.                                      

                                  ( Notes intimes 15)

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