La miséricorde à la lumière des saints du Carmel-Thérèse de l’Enfant Jésus (2)

   Editorial 

TeresaLisieux            Nous avons’ dans notre dernier feuillet’ souligné combien Thérèse reconnait dans sa vie la Miséricorde de Dieu à l’œuvre :

Jésus « voulait faire éclater en moi sa miséricorde, parce que j’étais petite et faible il s’abaissait vers moi, il m’instruisait en secret des choses de son amour. » Ms A 49. «Ce qui lui plaît c’est de me voir aimer ma petitesse et ma pauvreté, c’est l’espérance aveugle que j’ai en sa miséricorde (…) il faut consentir à rester pauvre et sans force et voilà le difficile (…) C’est la confiance et rien que la confiance qui doit nous conduire à l’Amour. »  LT 197 de septembre 1896. 

Thérèse a fait siennes les images bibliques qu’elle a découvertes peu à peu de la Miséricorde :

Dieu Père : « J’espère autant de la justice du Bon Dieu que de sa miséricorde. C’est parce qu’il est juste qu’il est compatissant et rempli de douceur, lent à punir et abondant en miséricorde. Car il connaît notre fragilité, (…) Comme un Père a de la tendresse pour ses enfants ainsi le Seigneur a compassion de nous » LT 226 au Père Roulland du 9 mai 1897.

Dieu Pasteur et Mère : «La miséricorde est accordée aux petits » (…) le prophète Isaïe nous révèle qu’au dernier jour  » Le Seigneur conduira son troupeau dans les pâturages, qu’il rassemblera les petits agneaux et les pressera sur son sein « , et comme si toutes ces promesses ne suffisaient pas, le même prophète dont le regard inspiré plongeait déjà dans les profondeurs éternelles s’écrie (…) :‘Comme une mère caresse son enfant, ainsi je vous consolerai, je vous porterai sur mon sein et je vous caresserai sur mes genoux’. » LT 196 à St Marie du Sacré Cœur.

Jésus Cœur plein d’amour : « Lorsque je vois Madeleine s’avancer devant les nombreux convives, arroser de ses larmes les pieds de son Maître adoré, qu’elle touche pour la première fois; je sens que son cœur a compris les abîmes d’amour et de miséricorde du Cœur de Jésus, et que toute pécheresse qu’elle est ce Cœur d’Amour est non seulement disposé à lui pardonner, mais encore à lui prodiguer les bienfaits de son intimité divine, à l’élever jusqu’aux plus hauts sommets de la contemplation. » LT 247 à l’Abbé Bellière  de juin 1897 ou dans une autre lettre
« Le Cœur divin est plus attristé des mille petites indélicatesses de ses amis que des fautes même graves que commettent les personnes du monde  » mais, (…) pour ceux qui l’aiment et qui viennent après chaque indélicatesse Lui demander pardon en se jetant dans ses bras, Jésus tressaille de joie, Il dit à ses anges ce que le Père de l’enfant prodigue disait à ses serviteurs:  » Revêtez-le de sa première robe, mettez-lui un anneau au doigt, réjouissons-nous.  » Ah! mon frère, que la bonté, l’amour miséricordieux de Jésus sont peu connus!.. » LT 261 du 26 juillet 1897 à l’Abbé Bellière.

Mais Thérèse invente aussi des paraboles, celle de l’ascenseur et celle du père médecin :

« Je suppose que le fils d’un habile docteur rencontre sur son chemin une pierre qui le fasse tomber et que dans cette chute il se casse un membre, aussitôt son père vient à lui, le relève avec amour, soigne ses blessures, employant à cela toutes les ressources de son art et bientôt son fils complètement guéri lui témoigne sa reconnaissance. Sans doute cet enfant a bien raison d’aimer son père! Mais je vais encore faire une autre supposition. – Le père ayant su que sur la route de son fils se trouvait une pierre, s’empresse d’aller devant lui et la retire (sans être vu de personne). Certainement, ce fils, objet de sa prévoyante tendresse, ne sachant pas le malheur dont il est délivré par son père ne lui témoignera pas sa reconnaissance et l’aimera moins que s’il eût été guéri par lui… mais s’il vient à connaître le danger auquel il vient d’échapper, ne l’aimera-t-il pas davantage? Eh bien, c’est moi qui suis cette enfant, objet de l’amour prévoyant d’un Père qui n’a pas envoyé son Verbe pour racheter les justes mais les pécheurs. » Ms A 38-39.

Pourtant Thérèse se pose comme nous une question :

« « Dieu a pitié de qui Il veut et Il fait miséricorde à qui Il veut faire miséricorde. » Ce n’est donc pas l’ouvrage de celui qui veut ni de celui qui court, mais de Dieu qui fait miséricorde. » Longtemps je me suis demandé pourquoi le bon Dieu avait des préférences,…(…) Il a mis devant mes yeux le livre de la nature et j’ai compris que toutes les fleurs qu’Il a créées sont belles (…) J’ai compris (…) que l’amour de Notre Seigneur se révèle aussi bien dans l’âme la plus simple qui ne résiste en rien à sa grâce que dans l’âme la plus sublime (…) Notre Seigneur s’occupe aussi particulièrement de chaque âme (…). » Ms A 2-3
et « le bon Dieu me fit comprendre qu’il est des âmes que sa miséricorde ne se lasse pas d’attendre, auxquelles Il ne donne sa lumière que par degré (…) Ms C 21  et elle avoue :
«Je n’ai donc aucun mérite à ne m’être pas livrée à l’amour des créatures, puisque je n’en fus préservée que par la grande miséricorde du Bon Dieu!… Je reconnais que sans Lui, j’aurais pu tomber aussi bas que Sainte Madeleine et la profonde parole de Notre Seigneur à Simon retentit avec une grande douceur dans mon âme… Je le sais : « celui à qui on remet moins, aime moins. » Ms A 38.

Thérèse ne fait pas que parler de Miséricorde. Elle l’a d’abord découverte dans sa propre vie, et désormais son cœur, ses gestes, son regard sont habités par elle et elle nous invite à faire de même.

« Il fit de moi un pêcheur d’âmes, je sentis un grand désir de travailler à la conversion des pécheurs, désir que je n’avais  senti aussi vivement… Je sentis en un mot la charité entrer dans mon cœur. » Ms A 45
« ce Divin Sauveur a daigné unir nos âmes pour travailler au salut des pécheurs », confie-t-elle à l’Abbé Bellière LT 224 d’avril 1897.

Thérèse prie pour les pécheurs connus comme inconnus :

« Ta pauvre bonne est bien malheureuse d’avoir un si vilain défaut, surtout d’être fausse, mais (…) A tout péché miséricorde (…). Je vais bien prier pour elle, peut-être à sa place serais-je encore moins bonne qu’elle » LT 147  à Céline d’août 1893
ou
« Le malheureux prodigue (ex-carme) est allé à Coutances où il a recommencé les conférences de Caen. Il paraît qu’il compte ainsi parcourir la France.(…) Et avec cela on ajoute qu’il est facile de voir que le remords le ronge, il parcourt les églises avec un grand crucifix et il semble faire de grandes adorations… Sa femme le suit partout. Céline chérie, il est bien coupable (…) mais Jésus (…) aurait- Il mis dans le cœur de ses pauvres petites épouses un désir qu’il ne saurait réaliser?… Non, il est certain qu’il désire plus que nous de ramener au bercail cette pauvre brebis égarée ; un jour viendra où il lui ouvrira les yeux (…) ce ne sont pas nos mérites, mais ceux de notre époux qui sont les nôtres que nous offrons à notre Père qui est dans les Cieux, afin que notre frère, un fils de la Ste Vierge, revienne vaincu se jeter sous le manteau de la plus miséricordieuse des Mères. » LT 129 du 8 juillet 1891 également à Céline.

Thérèse conseille d’être visage de la Miséricorde :

« votre douceur lui en dit plus long que des paroles sévères, vous êtes pour elle l’image de la miséricorde du bon Dieu » LT 230 à Mère Agnès en 1897

mais Thérèse se montre aussi concrètement miséricordieuse dans les relations fraternelles : voilà le plus difficile !

«je savais que ce n’était pas facile de contenter cette pauvre Sr St Pierre qui souffrait tant qu’elle n’aimait pas à changer de conductrice. Cependant je ne voulais pas manquer une si belle occasion d’exercer la charité, (…) Je m’offris donc bien humblement pour la conduire: (…) Avec ses pauvres mains estropiées, elle arrangeait son pain dans son godet, comme elle pouvait. Je m’en aperçus bientôt et, chaque soir, je ne la quittai qu’après lui avoir encore rendu ce petit service. Comme elle ne me l’avait pas demandé, elle fut très touchée de mon attention et  (…) je lui faisais avant de m’en aller mon plus beau sourire.    Ma Mère bien-aimée, peut-être êtes-vous étonnée que je vous écrive ce petit acte de charité, passé depuis si longtemps. Ah! si je l’ai fait c’est que je sens qu’il me faut chanter, à cause de lui, les miséricordes du Seigneur. » Ms C 29.

Résonances en notre vie :

« il me semble qu’à chaque instant cet Amour Miséricordieux me renouvelle, purifie mon âme » Ms A 49 :
Comment est-ce que je laisse le Seigneur par sa Parole toucher mon cœur et me renouveler en profondeur ?

«Celui qui n’est pas venu appeler les justes mais les pécheurs…» Ms B 5 :
Et moi comment puis-je être davantage miséricorde pour mes frères proches et lointains ?

Prière :           Offrande de la journée    fleur 3 roses

« Mon Dieu, je vous offre toutes les actions
que je vais faire aujourd’hui,
dans les intentions  et pour la gloire
du Coeur Sacré de Jésus;
je veux sanctifier les battements de mon cœur,
mes pensées  et mes oeuvres les plus simples
en les unissant à ses mérites infinis,
et réparer mes fautes en les jetant
dans la fournaise de son amour miséricordieux. (…) »
P. 10

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