La miséricorde à la lumière des saints du Carmel-Elisabeth de la Trinité

Editorial

elisabeth dossier1Elisabeth Catez, née en 1880, contemporaine de Thérèse de Lisieux, entre au carmel de Dijon en 1901, où elle reçoit le nom de sœur Elisabeth de la Trinité. Elle meurt en novembre 1906. Toute sa vie sera marquée par ce Dieu Amour, ce Dieu Trinité, à qui elle fait totalement confiance. Elle comptera toujours sur la force, la tendresse, la grande bonté de son  Bien-Aimé. Dans son courrier à ses amis elle demande sans cesse de « faire confiance à Dieu ». Longtemps déjà avant son entrée au Carmel, elle louait les bontés de Dieu en sa faveur.
« La confiance est la clef qui ouvre les trésors de l’infinie miséricorde de Dieu » 

Elle s’abandonne entre ses mains car elle reçoit tout de Lui. Ecoutons-la, à travers ses premières lettres à ses amies :

« Oh! qu’IL est bon notre fiancé, oui, qu’il est bon …Il nous prend, puis Il nous place sur ses ailes et nous emmène bien loin, bien haut, dans ces régions où l’âme et le cœur aiment à se perdre » (Lettre 41 )
 » Le Bon Dieu m’a donné un cœur bien tendre, bien fidèle et quand j’aime ce n’est pas qu’un peu » L 45
«  Il me comprend, Lui, dont le cœur est si tendre. Que c’est bon de l’aimer, d’être sa victime d’amour ! »  L57  «  C’est si bon l’abandon surtout quand on connaît Celui auquel on se livre »
« J’ai dans ta divine Providence, une inébranlable confiance.
O Jésus, […]  je m’abandonne toute à Toi. ..
Qui pourra, du moins en ce monde,
M’empêcher de me donner à Toi !…
Qui pourra me ravir ton amour…  P 51

Elisabeth n’hésite pas à appeler le Seigneur « le Pacificateur miséricordieux » Et, dans ses lettres, elle confie son expérience et conseille ses amis.

« L’abandon, voilà ce qui nous livre à Dieu… (jeune), quand le présent était douloureux…, quand tout s’embrouillait, je fermais les yeux, je m’abandonnais comme un enfant dans les bras de ce Père qui est aux cieux …Nous n’avons pas assez confiance en Celui qui nous enveloppe de sa charité »   L 129  

Et à Madame Angles, elle écrit aussi :                                                                       

« Il me semble que le Bon Dieu vous demande un abandon et une confiance sans limites à ces heures douloureuses où vous sentez ces vides. »
« Lancez votre âme sur les flots de la confiance et de l’abandon… et pensez que tout ce qui la trouble et la jette dans la crainte ne vient pas du Bon Dieu, car il est le Prince de la Paix. Souvent je pense qu’il sera beaucoup demandé à qui a beaucoup reçu et Il a été si comblant envers (moi) sa petite épouse, mais elle s’abandonne à son amour et chante dès ici-bas l’hymne de ses miséricordes » L 224
« La Miséricorde n’est que pardon, ce pardon qui a jailli en fleuve d’eau vive sur la Croix. »… « Ainsi, nous devons descendre chaque jour en ce sentier de l’Abîme qui est Dieu ; laissons-nous glisser sur cette pente dans une confiance toute pleine d’amour. C’est là, que l’Abîme de notre néant, de notre misère se trouvera en tête à tête avec l’Abîme de sa miséricorde ». Cf 4
« Je vois mon néant, ma misère, mon impuissance, je m’aperçois incapable de progrès, de persévérance, je vois la multitude de mes négligences, de mes défauts,…alors je me prosterne dans ma misère, reconnaissant ma détresse, je l’étale devant la miséricorde de mon maître » Cf 12
« Aimez votre misère, car c’est sur elle que Dieu exerce sa miséricorde, et lorsque sa vue vous jette dans la tristesse qui vous replie sur vous, c’est de l’amour-propre… plus vous sentez votre faiblesse, plus votre confiance doit grandir, car c’est à Lui seul que vous vous appuyez.»  L324

Elisabeth découvre  la miséricorde en méditant la  Parole du Seigneur :

« Va en paix, ta foi ta sauvée » Luc7,50
« Le Créateur, en voyant le beau silence qui règne en sa créature,… est épris de sa beauté et il la fait passer en cette solitude immense, infinie, en ce « lieu spacieux » qui n’est autre que lui-même »
« Et nous qui sommes baptisés nous participons à la nature divine : Il nous a justifiés par les sacrements… justifiés par la foi et selon la mesure de notre foi en la Rédemption que Jésus nous a acquise » Cf 27

Elisabeth vit « au-dedans », contemplant les grâces de Dieu et toute sa tendresse à son égard :

« Dès que Dieu nous voit habiles à recevoir sa  grâce, sa bonté libre est prête à nous donner le don qui nous donne sa ressemblance…Dieu veut se donner lui-même, nous imprimer sa ressemblance, nous absoudre et nous délivrer » Cf 24
«  Toute l’occupation de Dieu semble être de combler l’âme de caresses et de marques d’affection, comme une mère… Soyons attentives à la voix mystérieuse de notre Père »
Cf 34
« Dieu qui est riche en miséricorde, poussé par son trop grand amour, alors que nous étions morts par nos péchés, nous a rendu la vie en Jésus-Christ… » Comment pouvons-nous ne pas défaillir d’adoration quand nous plongeons dans l’abîme de la miséricorde et que les yeux de notre âme sont arrêtés sur ce fait : Dieu a enlevé nos péchés…Le Seigneur, dans sa clémence, a voulu retourner nos péchés contre eux-mêmes et pour nous ; Il a trouvé le moyen de nous les rendre utiles, de les convertir en  instruments de salut » Cf 35
«  Quand l’âme considère au fond d’elle-même, avec des yeux brûlés d’amour, l’immensité de Dieu, sa fidélité, ses preuves d’amour, ses bienfaits… quand ensuite, se regardant-elle-même, elle voit ses attentats contre l’immense Seigneur….Ce qu’elle a de mieux à faire c’est de se plaindre à Dieu son ami  … Elle se résigne à la volonté de Dieu , et, dans l’abnégation intime, trouve la paix véritable,  invincible et parfaite, celle que rien ne troublera » Cf 36
« Voici qui est bien consolant ! Mes impuissances, mes dégoûts, mes obscurités, mes fautes elles-mêmes, racontent la gloire de l ’Eternel. »  DR 18
« Lorsque vous craignez avoir abusé de ses grâces… c’est le moment de redoubler de confiance car, dit encore l’Apôtre « où le péché abonde, la grâce surabonde » et plus loin «  je me glorifie dans mes faiblesses car alors la force de Jésus-Christ habite en moi » « il est riche en miséricorde notre Dieu, à cause de son immense amour. » L 224
« Il supplée à mes impuissances et si je tombe, à chaque instant  qui passe, Il est là pour me relever et m’emporter plus loin en Lui» L 214
« Même si tu Lui as fait de la peine, rappelle-toi qu’un abîme appelle un autre abîme et que l’abîme de ta misère…attire l’abîme de sa miséricorde. » L 298

Parole du pape François :

«  Le regard fixé sur Jésus et son visage miséricordieux nous pouvons accueillir l’amour de la sainte Trinité…Tout en Lui, parle de Miséricorde, rien en Lui ne manque de compassion…Ce qui animait Jésus en toute circonstance n’était rien d’autre que la miséricorde avec laquelle il lisait dans le cœur de ses interlocuteurs et répondait à leurs besoins les plus profonds.»

Résonnance pour notre vie ?…

« Lorsque vous craignez d’avoir abusé de ses grâces, c’est le moment de redoubler de confiance… Il est riche en miséricorde».
Comment retentit en moi ce message d’Elisabeth de la Trinité ?

Prière

Mais nous avons péché, grande est notre misère.             Elisabeth
Qu’allons-nous devenir si Dieu ne vient pas à nous ?
« Riche en miséricorde », il reste notre Père,
La prière du Christ apaise son courroux,
Et pour faire éclater la gloire de sa grâce,
Il nous justifia par la Rédemption.
Désormais nous pourrons voir l’éclat de sa Face
Car il nous a nommés ses « fils d’adoption »…
Telle est notre grandeur, telle est notre richesse
Car nous sommes au Christ et le Christ est à Dieu
Pour son immense amour bénissons-le sans cesse,
Chantons à sa louange un hymne glorieux.
(P 89)

Sigles utilisés: L lettre ; P Poésie ; DR Dernière retraite ; Cf Le Ciel dans la foi (Traité spirituel 1 )

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