La miséricorde à la lumière des saints du Carmel- Elie le prophète

Editorial 

Carmel-Elie     Elie apparait aux jours les plus sombres de l’histoire du peuple de Dieu. Après la mort de Salomon, Israël s’est divisé en deux royaumes : dans le royaume du Nord, sept rois se sont succédé pendant 58 ans, incapables, méchants, infidèles et celui auquel Elie s’affronte les dépasse. Achab(874-853), « se mit à servir Baal et à se prosterner devant lui ». Sous l’influence de sa femme, la méchante et idolâtre Jézabel, il devient le chef de l’apostasie. Le temple de Samarie devient celui des dieux païens : Baal et tout son cortège de dieux naturistes.( cf I Rois 16,29-34)    

         Le Seigneur ne peut abandonner son peuple qui se tourne si facilement vers les faux dieux, Il envoie son prophète Elie, comme un nouveau Moïse : « J’ai vu la misère de mon peuple.. j’ai prêté l’oreille.. je connais ses angoisses. Je suis résolu à le délivrer » (Ex3,7-8 cf Dt 11,16-17). « Je les guérirai de leur infidélité, je leur prodiguerai mon amour » (Is.14,5)

         Elie, l’envoyé de Dieu,  se présente à Achab avec une assurance et une fermeté qu’il puise dans sa foi inébranlable et dans sa prière ardente. Il lui adresse ce message de la part du Dieu d’Israël:
« Par le Seigneur vivant, le Dieu d’Israël que je sers, il n’y aura ces années-ci ni rosée ni pluie, sauf à mon commandement » IR 17,1

Voilà Elie, investi de la puissance qui n’appartient qu’à Dieu, maître de la vie. « sauf à mon commandement « . Elie se met au service du Dieu vivant, le Dieu d’Israël. Dieu l’a choisi pour être le serviteur de cette vérité : c’est Dieu d’Israël qui seul donne vie, maître de la pluie et de la rosée, et non Baal. C’est le message que le prophète a reçu mission d’affirmer, au péril de sa vie, au roi et à ses contemporains qui oublient leur Dieu et se tournent vers les faux dieux. Le Seigneur a donné à son envoyé le pouvoir de parler et d’agir en son nom : « sauf à mon commandement » : au-delà du châtiment, une porte s’ouvre à l’espérance. « Tu sauras que le Seigneur ton Dieu est le vrai Dieu, le Dieu fidèle qui garde son alliance et son amour pour mille générations à ceux qui L’aiment et gardent ses commandements, mais qui punit …ceux qui Le haïssent »  (Dt 7,9-10)  « Comprends donc que le Seigneur ton Dieu te corrige comme un Père corrige son enfant, et garde les commandements du Seigneur ton Dieu pour marcher dans ses voies … » (Dt 8,5-6) 

Elie annonce le châtiment : la sécheresse (privation de vie), pour que le peuple d’Israël reconnaisse la toute puissance du Dieu vivant, le seul vrai Dieu. Après avoir annoncé au roi le châtiment, Elie n’attend pas la réaction d’Achab, il doit fuir d’ici. Il en reçoit l’ordre du Seigneur qui protège son serviteur : « Va-t-en d’ici, dirige-toi vers l’Orient et cache- toi au torrent de Kérit, tu boiras au torrent et j’ordonne aux corbeaux de te donner à manger là-bas » (IRois 17,3-4). Homme de foi, Elie obéit, retourne à sa solitude et à sa contemplation.

Le Seigneur se révèle plein d’attention, comme un père pour son serviteur. Il se préoccupe, non seulement de l’éloignement d’Elie, pour fuir la colère du roi, mais aussi de son bien- être, il doit manger et boire, pour garder ses forces. Il le prend entièrement à charge (bon samaritain !). Combien de temps ? Le serviteur l’ignore, fait confiance à son Dieu qui seul le sait.

« le torrent sécha… » Elie apprend que sa parole s’accomplit et lui-même risque de mourir de soif. Mais Dieu n’abandonne pas son envoyé : « Lève-toi et va à Sarepta…j’ordonne là-bas, à une veuve de te donner à manger « .
Elie se remet en route, rencontre cette femme, en terre étrangère. Il lui demande d’abord un peu d’eau, comme pour ne pas l’effrayer… et puis, un morceau de pain. Quel est cet étranger exigeant, alors qu’elle n’a plus rien et se prépare à mourir ainsi que son fils ?  « Ne crains rien… », à cette parole, la femme devine qu’Elie lui parle de la part de quelqu’un de plus grand.
Elie la rassure dans sa belle profession de foi, de confiance dans la miséricorde de Dieu : « Jarre de farine ne s’épuisera, cruche d’huile ne se videra jusqu’au jour où le Seigneur enverra la pluie sur la face de la terre »
Tel un bon samaritain, Elie a pitié de cette femme pleurant la mort de son fils. Il implore son Dieu : « mon Dieu, fais revenir en lui l’âme de cet enfant ». Sa prière est exaucée, l’enfant est rendu à sa mère ; une vie nouvelle commence : « Maintenant je sais que tu es un homme de Dieu et que la parole du Seigneur dans ta bouche est vérité !»

Trois années passent et le Seigneur se manifeste à Elie : « Va te montrer à Achab, je vais envoyer la pluie sur la terre ». Elie part… (IRois 18,1…), confiant en la miséricorde de son Dieu pour son peuple infidèle qui subit la famine. Elie se présente lui-même à son ennemi Achab avec hardiesse et grand courage puisés dans sa prière. Il lui propose le défi du sacrifice du Carmel (IR 18,20-39). Le miracle du Carmel tient avant tout, dans la démonstration du pouvoir et de l’efficacité de la prière ; Elie est seul à prier : « Seigneur,… réponds- moi pour que tout le peuple sache que c’est Toi qui es Dieu et qui convertis leur cœur » (v.37)
La prière suppliante d’un seul croyant témoigne de la miséricorde de Dieu pour son serviteur et pour son peuple. « C’est le Seigneur qui est Dieu ! » (v.39)

Elie reste en relation avec le roi Achab, qui cherche à le faire mourir; il lui donne un ordre bienveillant : « Monte, mange et bois, car j’entends le grondement de la pluie » (18,41). Elie entre en conversation avec son Dieu, dans une foi si profonde que le Seigneur l’entend. Dès que le nuage est visible, Elie prévient Achab de rentrer chez lui, car c’est une tempête qui se prépare.
Elie lui aussi a pitié du roi, se montre attentif à ses besoins et le Seigneur ne lâche pas son serviteur ; Il lui donne une telle force qu’Elie dépasse et court devant Achab comme pour signifier à ce roi que la puissance de Dieu qui l’habite, devance son pouvoir royal (18,44-46)   

Apprenant ce qu’Elie avait fait, la reine Jézabel entre en colère et veut la mort du prophète (IRois 19,1-2). Elie prend peur, perd courage, fait l’expérience de sa propre faiblesse. Il s’enfuit au désert et demande à Dieu de prendre sa vie. Cette fois, sa prière n’est pas exaucée ; Dieu seul est maître de la vie ! et une fois encore le Seigneur miséricordieux, plein de tendresse, vient au secours de son serviteur. Loin de le juger, le Seigneur l’aborde par une question : « Que fais-tu là Elie ? », Il le laisse dormir, reprendre des forces et le conforte dans sa mission. Elie part vers l’Horeb, là où le vrai Dieu s’est révélé à Moïse et où l’Alliance a été conclue (19,3-8).

« Que fais-tu là Elie ? – ‘’Je suis rempli d’un zèle jaloux pour mon Seigneur …les enfants d’Israël t’ont abandonné…et cherchent à m’enlever la vie’’- Sors et tiens-toi devant ton Dieu »
Elie a besoin de sortir de sa peur et de lui-même pour se recentrer sur le Seigneur qui lui a toujours été fidèle et qui va se manifester à lui dans  « le bruit d’une brise légère»  (19,9-12).  Quel réconfort !
Le Seigneur renvoie son fidèle serviteur à la mission qu’Il lui a donné : « Va, retourne par le même chemin…j’épargnerai en Israël tous les genoux qui n’ont pas plié devant Baal »  (19,15-18).  

Le Dieu d’Elie se révèle Dieu de fidélité, de bonté, de tendresse et d’amour pour son serviteur et pour son peuple. Elie, homme de foi et de prière,  en fait l’expérience personnelle : « La connaissance authentique du Dieu de la miséricorde… est une force de conversion constante et inépuisable » (Jn Paul II). Elie devient homme de miséricorde pour ses frères et pour ses ennemis. 

Résonances en notre vie
Aujourd’hui, le prophète Elie a-t-il un message pour nous ?
Que retenons-nous de son témoignage pour notre vie personnelle et communautaire ?

 Prière :                   

Dieu de tendresse et Dieu de pitié
Dieu plein d’amour et de fidélité en priere 2
Dieu qui pardonne à ceux qui t’aiment
Et qui gardent ta Parole.

Dieu dont l’amour remplit la terre, c’est Toi mon Sauveur !
Dieu notre Père dans les cieux, c’est Toi mon amour
Seigneur, dis-moi ton Nom, révèle-toi mon Dieu

Père des pauvres, Dieu des humbles, c’est Toi mon Sauveur !
Sauveur de tous les opprimés, c’est Toi mon amour
Seigneur, dis-moi ton Nom, révèle-toi mon Dieu

Maître du temps et de l’histoire, c’est Toi mon Sauveur !
Hier, aujourd’hui, dans tous les temps, c’es Toi mon amour !
Seigneur, dis-moi ton Nom, révèle-toi mon Dieu

(L 77. Lucien Deiss)

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