Prier selon le prophète Elie

Editorial.

 Elie1.13°Dès ses origines historiques, le Carmel est lié à deux grandes figures bibliques qui marquent toujours très fortement la spiritualité et la vie au Carmel : Elie et Marie.
Elie, prophète du 9ème siècle, vit à une époque où le peuple d’Israël se tournait vers les idoles et oubliait son Dieu. Il se laisse saisir par Dieu qui le conduit au désert, lui parle au cœur et le renvoie sans cesse vers ses frères pour leur rappeler : Qui est le vrai Dieu, le Dieu de vie ?

Les Frères ermites (début 13ème siècle) qui vivaient au Mont Carmel, près d’une source appelée « fontaine d’Elie », nourris-sent leur vie spirituelle de l’Ecriture Sainte et surtout des textes concernant Elie. N’ayant pas de fondateur, ils trouvent en lui leur « Père spirituel ». Ils cherchent à vivre à l’exemple d’Elie : vie de prière et mission. Pour nous aujourd’hui encore, deux cris d’Elie résument cet idéal carmélitain : « Il est vivant le Seigneur, devant qui je me tiens » (1Rois 17,1.18,15) et « Je brûle de zèle pour le Seigneur, Dieu de l’univers » (1Rois 19,10.14).

 Elie, homme de prière.
Elie est un assoiffé, un chercheur de Dieu ; la bible nous le présente, « assis au sommet de la montagne » (lieu de la rencontre) 2Rois1,9. ou « incliné jusqu’à terre, le visage entre ses genoux » 1Rois 18,42. Deux attitudes qui reflètent une prière toute concentrée en Dieu, dans un silence intérieur profond.  « Il est vivant le Seigneur devant qui je me tiens »
« Elie, le Tishbite, de la population de Galaad, dit à Achab:  » Par la vie du Seigneur, le Dieu d’Israël au service duquel je suis: il n’y aura ces années-ci ni rosée ni pluie sinon à ma parole.  »  La parole du Seigneur fut adressée à Elie:  » Va- t’en d’ici, dirige-toi vers l’orient et cache-toi dans le ravin de Kerith qui est à l’est du Jourdain. Ainsi tu pourras boire au torrent, et j’ai ordonné aux corbeaux de te ravitailler là-bas.  » Il partit et agit selon la parole du Seigneur; il s’en alla habiter dans le ravin de Kerith qui est à l’Est du Jourdain… 1R 17,1-5.
« Au bout d’un certain temps, le torrent fut à sec, car il n’y avait pas eu de pluie sur le pays. La parole du Seigneur lui fut adressée:  » Lève-toi, va à Sarepta qui appartient à Sidon, tu y habiteras ; j’ai ordonné là-bas à une femme, à une veuve, de te ravitailler’’ Il se leva, partit pour Sarepta et parvint à l’entrée de la ville. …  » 1R 17,7-10.
…Elie invoqua le Seigneur en disant: «  Seigneur, mon Dieu, veux- tu du mal même à cette veuve chez qui je suis venu en émigré, au point que tu fasses mourir son fils ? « Elie s’étendit trois fois sur l’enfant et invoqua le Seigneur en disant:  » Seigneur, mon Dieu, que le souffle de cet enfant revienne en lui!  » Le Seigneur entendit la voix d’Elie, et le souffle de l’enfant revint en lui, il fut vivant. Elie prit l’enfant, le descendit de la chambre haute dans la maison, et le donna à sa mère; Elie dit:  » Regarde! Ton fils est vivant.  » 1R 17,20-23.

« …la parole du Seigneur fut adressée à Elie, …  » Va, montre-toi à Achab ; je vais donner de la pluie sur la surface du sol.  » Elie s’en alla pour se montrer à Achab. .. » 1R 18,1-2

(Elie et les prophètes de Baal) « Quand cesserez-vous de danser d’un pied sur l’autre. Si c’est le Seigneur qui est Dieu, suivez-le, si c’est le Baal, suivez- le ! » (…)  A l’heure de l’offrande, le prophète Elie s’approcha et dit:  » Seigneur, Dieu d’Abraham, d’Isaac et d’Israël, fais que l’on sache aujourd’hui que c’est toi qui es Dieu en Israël, que je suis ton serviteur et que c’est par ta parole que j’ai fait toutes ces choses. Réponds-moi, Seigneur, réponds-moi: que ce peuple sache que c’est toi, Seigneur, qui es Dieu, que c’est toi qui ramènes vers toi le cœur de ton peuple… « 1R 18,36-37.

Elie se tient devant la Face de Dieu, car tout son amour est pour le Seigneur. Dans cette intimité, il écoute son Dieu qui parle, obéit en toute confiance, intercède pour son peuple et Dieu prend soin de lui. Dès sa mission accomplie, il retourne dans sa solitude, pour repartir vers ses frères…

«…Elie montait au sommet du Carmel et se prosternait à terre, le visage entre les genoux… ».1R 18,42.  (quand la pluie revient)  Elie attacha sa ceinture pour partir, et, rempli de force par le Seigneur, il courut devant le roi Achad jusqu’à Jizréel » 1R 18,46.

Comme chacun de nous, Elie a connu la peur, le découragement, l’ascèse et le combat…apprenant que la reine Jézabel, remplie de haine, veut sa mort… (1R 19,1…). Mais Dieu vient à son secours et le remet en marche… 

« … Elie prit peur et s’enfuit pour sauver sa vie, se rendit à Berchéba… marcha pendant une journée dans le désert, et alla s’asseoir sous un genêt. Il souhaitait mourir et dit : « Maintenant, Seigneur, j’en ai assez ! Reprends ma vie, car je ne vaux pas mieux que mes ancêtres ». Puis il se coucha et s’endormit sous le genêt ; mais un ange vint le toucher et lui dit : « Lève-toi et mange » … Elie se recoucha, mais l’ange revint… et lui dit : « Lève-toi et mange car tu devras faire un très long voyage ». Elie se leva pour manger et boire puis avec les forces trouvées, il marcha 40 jours et 40 nuits jusqu’à l’Horeb, la montagne de Dieu »  1R 19,3-8.
« Arrivé à l’Horeb…le Seigneur lui adressa la parole : « Pourquoi es- tu ici Elie ?. » Il répondit : « Seigneur Dieu de l’univers, je t’aime tellement que je ne peux plus supporter la façon d’agir des Israélites (…), je suis resté seul et ils cherchent à m’ôter la vie ». « Sors- lui dit le Seigneur- tu te tiendras sur la montagne devant moi, je vais passer (…) un grand vent souffla…mais le Seigneur n’était pas présent dans ce vent. …Il y eut un tremblement de terre,  mais le Seigneur n’était pas présent dans le tremblement de terre…un feu, mais le Seigneur n’était pas présent dans le feu…le bruit d’un léger souffle.
Dès qu’Elie l’entendit, il se couvrit le visage avec son manteau, il sortit…il entendit de nouveau une voix qui disait :  « Pourquoi es- tu ici, Elie ? ». Il répondit : « Seigneur Dieu de l’univers, je t’aime tellement que je ne peux plus supporter la façon d’agir des Israélites (…), je suis resté seul et ils cherchent à m’ôter la vie » 1R 19,9-14. 

Le désert n’est pas un lieu de fuite, il est le lieu de la rencontre avec Dieu qui parle au cœur de son ami dans « le souffle aussi léger qu’un silence »

En lui donnant une nouvelle mission, le Seigneur lui fait confiance et le remet en marche vers ses frères. 

« Le Seigneur lui dit:  » Va, reprends ton chemin en direction du désert de Damas. Quand tu seras arrivé, tu oindras Hazaël comme roi sur Aram, tu oindras Jéhu,…comme roi sur Israël; et tu oindras Elisée…pour te succéder comme prophète … »
Elie partit… » 1R 19,15-16.19…

Sa prière devient une relation d’amour interpersonnelle ; « un entretien fréquent, seul à seul avec Celui qu’il aime et dont il se sait aimé » (Thérèse d’Avila), et elle s’épanouit en service pour que le Dieu vivant soit connu et aimé. « Une véritable oraison s’épanouit toujours en ardeur missionnaire » RV.1.10 page 21.

Parole pour aujourd’hui. 
« Notre monde a besoin d’apôtres contemplatifs… Le missionnaire doit être, un contemplatif en action… s’il n’est pas un contemplatif, il ne peut pas annoncer le Christ d’une manière crédible ; il est témoin de l’expérience de Dieu et doit pouvoir dire… « ce que nous avons contemplé -le Verbe de vie- nous vous l’annonçons » (1Jn1,1-3)             Jean Paul II Mission du Christ Rédempteur n°91.  

Baptisés, nous sommes tous appelés à vivre en présence de Dieu et à témoigner du Dieu vivant dans notre monde, aujourd’hui.
– Comment je reçois cet appel ?
– Quels moyens je me donne pour y répondre ?

 Prière.
flamme 2Toi, toujours présent devant Dieu  ( I Rois 17, 1 ; 19, 10.13.14.)
Apprends- moi à reconnaître  comme toi,  le Seigneur,
Non pas dans le vent,  ni le tremblement de terre,
Ni dans le feu, mais simplement,
Dans le murmure de la brise légère. ( I Rois 19, 12-13 )
« Ta parole brûlait comme une torche, ( Sir. 48, 1 )
Toi en qui tout est feu, de ce feu divin
Qui exige une foi sans partage, purifiée dans les épreuves
Apprends- moi à me laisser conduire par l’Esprit, là où Il veut.
Toi qui as connu la peur, le découragement, ( I Rois 19,1…)
Toi qui a laissé échapper ce cri d’homme, « je n’en peux plus »
Envoie-moi l’ange qui refit tes forces pour gravir la Montagne de Dieu.
Toi qui, en remettant à Elisée ton manteau ( I Rois 19, 19-21 )
Lui as communiqué ton esprit, couvre- moi de ton manteau,
Et je reprendrai la route apostolique sous le soleil ardent.
Fais de moi le témoin intrépide de l’Absolu de Dieu,
Dans ce monde errant dans le syncrétisme.
(ND du Mont Carmel)

Ce contenu a été publié dans grands priants du Carmel, avec comme mot(s)-clé(s) , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *