Thérèse de Lisieux et sa mission (1)

Thérèse de Lisieux(1)

Nous découvrons comment Thérèse est missionnaire à travers les lettres qu’elle écrit au Père Roulland, missionnaire au Su-tchuen.

“Je me sens bien indigne d’être associée spécialement à l’un des Missionnaires de notre Adorable Jésus, mais puisque l’obéissance me confie cette douce tâche, je suis assurée que mon Céleste Epoux suppléera à mes faibles mérites (sur lesquels je ne m’appuie aucunement) et qu’Il exaucera les désirs de mon âme en fécondant votre apostolat.

Je serai vraiment heureuse de travailler avec vous au salut des âmes; c’est dans ce but que je me suis faite carmélite; ne pouvant être missionnaire d’action, j’ai voulu l’être par l’amour et la pénitence comme Sainte Thérèse ma séraphique Mère…

Je vous en supplie, mon Révérend Père, demandez pour moi à Jésus, le jour qu’Il daignera pour la première fois descendre du Ciel à votre voix, demandez-Lui de m’embraser du feu de son Amour (Lc 12,49) afin que je puisse ensuite vous aider à l’allumer dans les coeurs…” LT 189 23 juin 1896

“Mon Frère, Vous me permettez n’est-ce pas, de ne plus vous donner un autre nom, puisque Jésus a daigné nous unir par les liens de l’apostolat? Il m’est bien doux de penser que de toute éternité Notre Seigneur a formé cette union qui doit lui sauver des âmes et qu’Il m’a créée pour être votre soeur…

Hier, nous avons reçu vos lettres; c’est avec joie que Notre Bonne Mère vous a introduit dans la clôture. Elle me permet de garder la photographie de mon frère… Notre Mère sait bien que le vôtre, loin de me rappeler le monde et les affections de la terre élèvera mon âme dans des régions plus hautes, la fera s’oublier pour la gloire de Dieu et le salut des âmes. Ainsi, mon Frère, pendant que je traverserai la mer en votre compagnie, vous resterez près de moi, bien caché dans notre pauvre cellule…

Ce soir pendant mon oraison j’ai médité des passages d’Isaïe qui m’ont paru si bien appropriés à vous… Ne pouvez-vous pas vous écrier à votre tour: » L’esprit du Seigneur s’est reposé sur moi, il m’a rempli de son onction. Il m’a envoyé pour annoncer sa parole, pour guérir ceux qui ont le coeur brisé, pour rendre la liberté à ceux qui sont dans les chaînes et consoler ceux qui pleurent…” (Is 61) …..

A Dieu, mon Frère… la distance ne pourra jamais séparer nos âmes, la mort même rendra notre union plus intime. Si je vais bientôt dans le Ciel, je demanderai à Jésus la permission d’aller vous visiter au Su-tchuen et nous continuerons ensemble notre apostolat. En attendant je vous serai toujours unie par la prière et je demande à Notre Seigneur de ne jamais me laisser jouir lorsque vous souffrirez. Je voudrais même que mon Frère ait toujours les consolations et moi les épreuves, c’est peut-être égoïste?… Mais non, puisque ma seule arme est l’amour et la souffrance et que votre glaive est celui de la parole et des travaux apostoliques. (Ep 6,1)7

Encore une fois, à Dieu, mon Frère, daignez bénir celle que Jésus vous a donnée pour soeur, LT 193 30 Juillet 1896

 

“… Sur cette terre où tout change, une seule chose reste stable, c’est la conduite du Roi des cieux à l’égard de ses amis; depuis qu’Il a levé l’étendard de la Croix, c’est à son ombre que tous doivent combattre et remporter la victoire: ‘ Toute vie de Missionnaire est féconde en Croix ’ disait Th. Vénard, et encore:  Le vrai bonheur est de souffrir. Et pour vivre il nous faut mourir.

Mon Frère, les débuts de votre apostolat sont marqués du sceau de la croix, le Seigneur vous traite en privilégié; c’est bien plus par la persécution et par la souffrance que par de brillantes prédications qu’il veut affermir son règne dans les âmes. …

O mon Frère, en entendant ces belles et consolantes paroles du Prophète-Roi, comment douter que le Bon Dieu ne puisse ouvrir les portes de son royaume à ses enfants qui l’ont aimé jusqu’à tout sacrifier pour Lui, qui non seulement ont quitté leur famille et leur patrie pour le faire connaître et aimer, mais encore désirent donner leur vie pour Celui qu’ils aiment… Jésus avait bien raison de dire qu’il n’y a pas de plus grand amour que celui-la! ”(Jn 15,13) … LT 226 9 mai 1897

Vous me dites dans votre dernière lettre (qui m’a fait grand plaisir): “ Je suis un bébé qui apprend à parler. ” Eh bien! moi, depuis cinq ou six semaines, je suis aussi un bébé, car je ne vis que de lolo mais bientôt je vais m’asseoir au banquet céleste, (Lc 22,30) je vais me désaltérer des eaux de la vie éternelle! (Ap 7,17) Quand vous recevrez cette lettre, sans doute j’aurai quitté la terre. Le Seigneur, dans son infinie miséricorde, m’aura ouvert son royaume et je pourrai puiser dans ses trésors pour les prodiguer aux âmes qui me sont chères. Croyez, mon Frère, que votre petite soeur tiendra ses promesses, et qu’avec bonheur son âme, délivrée du poids de l’enveloppe mortelle, volera vers les lointaines régions que vous évangélisez.

Ah! mon frère, je le sens, je vous serai bien plus utile au Ciel que sur la terre et c’est avec bonheur que je viens vous annoncer ma prochaine entrée dans cette bienheureuse cité, sûre que vous partagerez ma joie et remercierez le Seigneur de me donner les moyens de vous aider plus efficacement dans vos oeuvres apostoliques. Je compte bien ne pas rester inactive au Ciel, mon désir est de travailler encore pour l’Eglise et les âmes, je le demande au bon Dieu et je suis certaine qu’Il m’exaucera. Les Anges ne sont-ils pas continuellement occupés de nous sans jamais cesser de voir la Face divine, Mt 18,10 de se perdre dans l’Océan sans rivages de l’Amour? Pourquoi Jésus ne me permettrait-Il pas de les imiter?

Mon Frère, vous voyez que si je quitte déjà le champ de bataille, ce n’est pas avec le désir égoïste de me reposer, la pensée de la béatitude éternelle fait à peine tressaillir mon coeur, depuis longtemps la souffrance est devenue mon Ciel ici-bas et j’ai vraiment du mal à concevoir comment je pourrai m’acclimater dans un Pays où la joie règne sans aucun mélange de tristesse. Il faudra que Jésus transforme mon âme et lui donne la capacité de jouir, autrement je ne pourrai supporter les délices éternelles. Ce qui m’attire vers la Patrie des Cieux, c’est l’appel du Seigneur, c’est l’espoir de l’aimer enfin comme je l’ai tant désiré et la pensée que je pourrai le faire aimer d’une multitude d’âmes qui le béniront éternellement.” LT 254 14 juillet 1897

 

Prière

Seigneur, de ta beauté mon âme s’est éprise
Je veux te prodiguer mes parfums et mes fleurs
En les jetant pour toi sur l’aile de la brise
Je voudrais enflammer les coeurs! Jeter des Fleurs, Jésus, voilà mon arme
Lorsque je veux lutter pour sauver les pécheurs
La victoire est à moi…. toujours je te désarme
Avec mes fleurs!!!… PN34

 

Orientation de vie

Offrir chaque matin notre vie par amour pour que le Seigneur soit annoncé jusqu’aux extrémités du monde.

 

 

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