Jésus-Christ

Jésus-Christ

 

… En nous donnant son Fils qui est son unique Parole car il n’en a pas d’autre, Dieu nous a tout dit en même temps et en une seule fois, dans cette seule Parole, et il n’a plus à parler.

C’est le sens de cette citation de l’Ecriture par laquelle Saint Paul (Hb 1,12) commence à persuader les Hébreux…de regarder uniquement le Christ. C’est comme s’il disait: Ce que, par les prophètes, Dieu a dit autrefois à nos pères de bien des façons et par de multiples manières, maintenant, en dernier lieu, de nos jours, il. nous l’a dit en son Fils, une fois pour toutes. C’est ce que donne à entendre l’Apôtre, que Dieu est resté comme muet et qu’il n’a plus à parler parce que ce qu’il disait auparavant aux prophètes, par fragments, voilà qu’il l’a dit en totalité en nous donnant le Tout qui est son Fils.

 

C’est pourquoi celui qui maintenant voudrait questionner Dieu ou désirerait une vision ou une révélation, non seulement ferait une sottise, mais ferait injure à Dieu en ne choisissant pas entièrement le Christ, ne voulant aucune autre chose, ni aucune autre nouveauté.

 

Car Dieu pourrait répondre de cette manière: «Du moment que je t’ai déjà dit toutes choses par ma Parole qui est mon Fils et que je n’en ai pas d’autre, que puis-je maintenant répondre ou révéler qui soit plus que cela? Choisis-le Lui, uniquement, car en Lui je t’ai tout dit et révélé et tu trouveras en Lui encore plus que ce que tu demandes et désires. Car tu demandes des expressions et des révélations fragmentaires et, si tu Le choisis, lui, tu les trouveras dans leur totalité; parce qu’il est toute mon expression et toute ma réponse, toute ma vision et toute ma révélation. C’est ce que je vous ai déjà dit, répondu, manifesté et révélé en vous le donnant pour frère, pour compagnon et maître, pour prix et récompense. Car depuis ce jour où je descendis sur lui avec mon Esprit sur le mont Thabor en disant (Mat. 17,5) : Celui-ci est mon Fils aimé en qui je me suis complu , écoutez-le, j’ai abandonné tout autre enseignement et tout autre réponse. Je les lui ai donnés. Ecoutez-le, lui, parce que je n’ai plus de vérités de foi à révéler, ni d’autres choses à manifester. Si je parlais autrefois, c’était en promettant le Christ. et si on m’interrogeait, les questions concernaient la demande et l’attente du Christ en qui on devait trouver tout bien, comme le fait comprendre toute la doctrine des évangélistes et des apôtres. Mais maintenant, celui qui m’ interrogerait de cette manière et qui voudrait que je lui parle ou que je lui révèle quelque chose, me demanderait en quelque sorte une nouvelle fois le Christ et de nouvelles vérités de foi, et ce serait injuste puisque tout est déjà donné dans le Christ. Et ainsi ce serait faire une grande injure à mon Fils Bien-Aimé, car, non seulement ce serait manquer de foi en lui, mais cela l’obligerait à s’incarner à nouveau et à passer une autre fois par sa vie et sa mort. Tu ne trouveras rien à me demander, ni ne pourras désirer de révélations ou de visions de ma part. Considère bien tout cela, et tu trouveras que tout a été fait et donné en Lui et beaucoup plus encore.

 

Si tu veux que je te donne quelque parole de consolation, regarde mon Fils, soumis à moi, obéissant à mon amour et affligé, et tu verras ce qu’il te répondra. Si tu veux que je t’explique certaine chose cachée ou quelque évènement, regarde-le, Lui seul. et tu trouveras en lui les mystères les plus cachés, la sagesse et les merveilles de Dieu. C’est ce que dit mon Apôtre (Col, 2,3) : Dans le Fils de Dieu sont cachés tous les trésors de la sagesse et de la science de Dieu. Ces trésors de sagesse seront pour toi plus élevés, savoureux et d’un plus grand profit que les choses que tu voudrais savoir. C’est de cela que se glorifiait le même Apôtre (1 Cor. 2,2) en disant: Qu’il n’avait pas donné à entendre et qu’il ne savait autre chose que Jésus-Christ et Jésus-Christ crucifié. Et si tu voulais aussi d’autres visions et révélations divines ou naturelles, considère-le aussi devenu homme et tu y trouveras plus que tu ne penses, car l’Apôtre dit aussi: Dans le Christ demeure corporellement toute la plénitude de la divinité. (Col 2,9)  Montée du Carmel – Livre 2 – chapitre 22, § 3 à 6

 

La vie éternelle consiste à te connaître, toi, le seul Dieu véritable, et celui que tu as envoyé: Jésus-Christ (Jn 17,3). Lorsqu’une personne revient d’un long voyage, son premier soin est de revoir et d’entretenir ceux qu’elle aime. De même, l’âme qui parvient à la vision de Dieu aspire tout d’abord à jouir des profonds secrets, des profonds mystères de l’Incarnation et des voies éternelles de Dieu qui s’y rattachent. Quel abîme à creuser que le Christ ! C’est une mine abondante, contenant des filons sans nombre de trésors; on peut la creuser toujours, sans jamais en trouver le fond. A mesure qu’on l’exploite, on y découvre dans tous les sens de nouvelles veines, qui révèlent d’autres richesses. C’est ce qui faisait dire à saint Paul, parlant du Christ: En lui sont cachés tous les trésors de la sagesse et de la science (Col 2, 3). L’âme désire donc entrer véritablement dans les cavernes du Christ, afin de s’y plonger, de s’y transformer, de s’enivrer de l’amour qu’elles contiennent. Mais si elle aspire à se cacher dans le sein de son Bien-Aimé, c’est que lui-même l’y invite, ainsi que nous le voyons au livre des Cantiques: Lève-toi. Hâte toi, ma bien-aimée, mon unique beauté. et viens dans les trous de la pierre, dans la caverne de la muraille (Ct 2,13-14). Et c’est là que nous entrerons Là, c’est-à-dire dans ces connaissances des mystères divins. Elle ne dit pas: J’y entrerai, ce qui semblerait plus naturel, puisque l’Epoux n’a pas besoin d’y entrer de nouveau, mais: Nous y entrerons, c’est-à-dire le Bien-Aimé et moi. CSB 37, 1.4.5

 

Prière

Une épouse qui t’aime
Mon Fils, je voulais te donner,
Qui grâce à toi mérite de nous tenir compagnie
Et de manger le pain à une même table,
De ce même pain que moi je mangeais,
Pour qu’elle connaisse les biens
Qu’en un tel Fils je possédais
Et qu’elle se réjouisse avec moi
De ta grâce et de ta vigueur.
Romance 3

Vous pouvez méditer aussi : Mathieu 3, 13-17 ; Marc 9, 2-10 ; Jean 17

 

Orientation de vie

Au commencement de chacune de nos journées,
fixons notre regard sur Jésus et écoutons le.
Puisons dans les trésors de sa Sagesse
car en Lui se trouve la plénitude de Dieu

 

 

Ce contenu a été publié dans Écrits de Jean de la Croix, avec comme mot(s)-clé(s) , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *