Edith Stein – en quête de sens : La soif de vérité (2)

Editorial.

     Edith Stein dont la vie nous a été présentée en octobre, et Thérèse Martin (Ste Thérèse de l’Enfant Jésus) ont en commun, , le sentiment profond d’être appelée à quelque chose de grand, et cela dès leur plus jeune âge.

    Voici ce que dit Edith :
« Dans mes rêves, je voyais toujours devant moi un avenir brillant. Je rêvais de bonheur et de gloire, car j’étais convaincue que j’étais destinée à quelque chose de grand, que je n’étais point faite pour le cadre étroit et bourgeois dans lequel j’étais née.»

Thérèse de l’enfant Jésus, de son côté écrit: « Je pensais que j’étais née pour la gloire… Le Bon Dieu me faisait sentir que la vraie gloire est celle qui durera éternellement. » (MsA 32r°)

Il faudra à Edith du temps et un long chemin de recherche de la vérité, parfois douloureux pour découvrir peu à peu que le vrai bonheur, que la véritable gloire ne peuvent pas être le fruit de notre volonté, mais qu’ils viennent aussi d’un Autre de qui on le reçoit…» Sa quête commence à l’adolescence :
« A 14 ans j’ai perdu la foi de mon enfance…Et j’ai cessé de prier en toute conscience et de façon délibérée… Ma seule prière était ma soif de vérité. » Elle dira sans honte qu’elle a été athée, jusqu’à sa vingt et unième année»

De nombreuses questions habitent le cœur d’Edith : »Exister, être mis au monde sans l’avoir demandé… Quelle est la destinée ultime de nos vies?  »( Conrad de Meester )
Sa recherche ? : trouver la vérité, pour faire la vérité… Elle va même traduire  » questions disputées sur la vérité  » de Saint Thomas d’Aquin. Elle espère aussi trouver une réponse dans ses études philosophiques.

Jeune étudiante, elle découvre une réponse importante : « Nous sommes en ce monde pour servir l’humanité. ». Cela est déjà un grand pas, une lumière, mais ne comble pas son coeur, et même la psychologie la deçoit…Où trouver mieux ? Dieu veille…
En juillet 1916, elle est à Francfort, avec Pauline Reinard, elle raconte:
« Nous entrâmes quelques minutes dans la cathédrale et, pendant que nous étions là, dans un respectueux silence, entra une femme avec son panier de commissions; elle s’agenouilla sur un banc pour faire une brève prière. Ce fut pour moi quelque chose de totalement nouveau. Dans les synagogues , où dans les églises protestantes dans lesquelles j’étais allée, les gens ne venaient que pour les offices religieux. Mais ici arrivait n’importe qui, au milieu de ses travaux quotidiens, dans une église vide… Comme pour un dialogue confidentiel. Je n’ai pu oublier cela…»
Cela, c’est cette relation personnelle avec Dieu dont témoigne cette femme.

Un autre événement va éclairer Edith, En 1917, son ami Adolf Reinard ( qui s’était converti du judaïsme au christianisme ) meurt à la guerre. Elle va aider Anna, la jeune veuve à classer les papiers de son mari, Edith craint de la trouver très abattue, or elle dit :
« Ce fut ma première rencontre avec la croix et avec la force divine qu’elle donne à ceux qui la portent. Je vis, pour la première fois l’Eglise née de la souffrance rédemptrice du Christ dans sa victoire sur l’aiguillon de la mort, visible devant moi. Ce fut l’instant où mon incroyance s’effondra; mon judaïsme pâlit, et le Christ étincela: Le Christ dans la lumière de la croix…» ( Posselt, p. 49-50 )

En la nuit du 21 juin 1921, Edith séjourne chez ses amis Hedwig et Theodor, le soir ils s’absentent, restée seule, dans le silence elle va prendre le livre de la vie de Sainte Thérèse d’Avila écrite par elle-même … :
« Je commençai à le lire, fus aussitôt captivée et ne m’arrêtai plus avant la fin. Lorsque je fermai le livre, et me dis :  » ceci est la vérité » …»

Dieu avait saisi Edith, elle ne lâchera plus la main tendue . Fortement marquée par cette rencontre avec Thérèse d’Avila, elle décide de se préparer au baptême, et le désir de se faire carmélite grandit en elle. Mais par égard pour sa maman, elle attendra de longues années avant de réaliser son désir.
Elle lit aussi la vie de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus ce qui lui permet de répondre à une amie philosophe déroutée par son style. Elle lui écrit :
« La seule impression que j’ai eue, c’est que je me trouvais là devant une vie humaine traversée uniquement et jusqu’au bout par l’amour de Dieu. Je ne connais rien de plus grand et c’est un peu de cela que je voudrais autant que possible, transporter dans la vie de ceux qui m’entourent.»

On garde une note de sa main, écrite moins d’un an avant sa mort à Auschwitz où elle reconnait :
« la situation de mon âme avant la conversion : péché de l’incroyance radicale. Sauvée uniquement par la miséricorde de Dieu, sans mérite de ma part. Méditer cela souvent, pour devenir humble. »

Tout est prêt pour le 1° janvier 1922, avec l’autorisation de l’évêque son amie protestante Hedwig Martius sera la marraine. Edith passe toute la nuit en prière. Plus tard elle dira :
« La prière est l’activité la plus haute dont l’esprit humain soit capable…»

      Elle sera baptisée au cours de la matinée et pour la première fois communie au corps du Christ.  Jésus a frappé à sa porte, elle l’a reconnu comme le chemin, la vérité et la vie . (Jn 14, 6) ;

      Hedwig dira: « le plus beau de tout, c’était sa joie radieuse: une joie d’enfant !» A partir de ce jour elle participe tôt chaque matin à l’Eucharistie .Elle a voulu garder le silence, sur cet événement personnel, qui s’est joué dans une rencontre vivante avec le Christ et dans la tendresse d’un cœur qui a dit « oui » trouvant dans ce « oui »l’apaisement de son ardente soif de Vérité : « Le Christ est la tête de la création. »

Résonnance pour notre vie                                     

Edith a cherché et s’est laissée guider au travers des évènements, à la rencontre du Christ, et elle peut Lui dire :
« Tu plonges plein d’amour ton regard dans le mien, Tu prêtes ton oreille à mes faibles paroles, et emplis de paix le tréfonds de mon cœur.»

-Comment je reçois cette poésie ?
-Est-ce que je peux relire ma vie, pour y découvrir les évènements où Dieu était présent et appelant pour moi, où Il s’est révélé ?

Prière

« Laisse-moi, Seigneur, marcher sans voir
« sur les chemins qui sont les tiens.
« Je ne veux pas savoir où tu me conduis.
« Ne suis-je pas ton enfant?
« Tu es le Père de la sagesse et aussi mon Père.
« Même si tu me conduis à travers la nuit,
« tu me conduis vers toi.
« Seigneur laisse arriver ce que tu veux : je suis prête,
« même si jamais tu ne me rassasies en cette vie.
«Tu es le Seigneur du temps.
« Fais tout selon les plans de ta sagesse.
« Quand doucement tu appelles au sacrifice,
« aide-moi oui à l’accomplir.
« Que je ne vive plus que pour toi ! »

( Prière d’Edith Stein )

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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