La joie à la lumière des saints du Carmel « Jean de la Croix »

Editorial.

Qui est Jean de la Croix pour chacun, chacune de nous ?  un maître de l’ascèse ? de la mortification ? trop exigeant ? Ou, un guide sûr pour marcher à la suite du Christ ?
C’est vrai, il fait preuve d’une exigence radicale, dans sa vie et dans sa doctrine. “Si quelqu’un veut me suivre qu’il renonce à lui-même et prenne sa croix”. Il a pris au sérieux l’enseignement de l’Evangile.

Ce qui inspire toute son oeuvre, c’est l’amour du Christ; il est le Docteur de l’amour ! Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, toute jeune, a trouvé dans ses oeuvres les lumières qui ont éclairé sa route :
“ Ah! que de lumières n’ai-je pas puisées dans les oeuvres de notre père Jean de la Croix!… A l’âge de 17-18 ans, je n’avais pas d’autre nourriture spirituelle” (Manuscrit A 83 r°) “c’est le Saint de l’amour par excellence!”.

Rappelons-nous la parole de Jésus: “Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme moi j’ai gardé les commandements de mon Père et je demeure dans son amour. Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit parfaite”(Jn 15,10-11).

      Jean de la Croix veut nous faire découvrir le chemin de la joie parfaite, lisons ensemble dans “La Montée du Carmel” (Traduction par M.Marie du St Sacrement, Livre III, ch. 16 à…26.

Ch.16. « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force » Dt 6,5.

– (2).« La force de l’âme réside dans ses puissances, dans ses passions et dans ses appétits (tendances), qui tous sont gouvernés par la volonté… en les détournant de tout ce qui n’est pas Dieu, elle garde pour Dieu la force de l’âme qui en vient à aimer Dieu de toute sa force…
Les affections ou les passions sont au nombre de quatre : la joie, l’espérance, la douleur et la crainte… Lorsque l’homme règle ces passions en les référant à Dieu, de façon qu’il ne se réjouisse que de ce qui va purement à l’honneur et à la gloire de Dieu, qu’il n’espère rien hors de là… nul doute qu’il ne dirige vers Dieu la force et la capacité de son âme et qu’il ne les garde pour Lui seul. »  

Ch. 17 Qu’est- ce que la joie ? Ici, Jean de la Croix nous parle de la joie active ou volontaire qui peut naître de six genres de biens : temporels, naturels, sensibles, moraux, surnaturels et spirituels.

(2) « Il convient de nous pénétrer fortement de cette idée maîtresse…elle sera la lumière qui guidera nos pas, elle nous aidera à ramener, au travers des biens terrestres, notre joie vers Dieu seul…: la volonté de l’homme ne doit se réjouir que de la gloire et de l’honneur de Dieu. (= notre bâton de voyage)

 Ch.18 Comment diriger la joie prise dans les biens temporels vers Dieu ?

(1). Si à proportion qu’il est riche un homme était serviteur de Dieu, il devrait se réjouir de ses richesses…(Mais) « combien il est difficile aux riches d’entrer dans le royaume des cieux ! » (Luc 18,24)…
– (3). … l’homme ne doit n’y se réjouir d’avoir des richesses, ni concevoir de la joie de voir son frère devenu riche, mais se réjouir seulement si Dieu est servi par le moyen de ces richesses

Ch.19 Celui qui place sa joie dans les biens temporels s’expose à beaucoup de dommages.

– (3). « La fascination du superficiel et de la vanité obscurcit les vrais biens…
(5). L’âme s’éloigne de Dieu et des saints exercices…elle en perd le goût …parce qu’elle se livre à des niaiseries, à de vaines joies…
-(6). on abandonne les exercices spirituels… lâcheté, tiédeur, négligence dans les choses spirituelles faites par force,  par routine, bien plus que par amour.
– (7). L’attache aux biens temporels (peut aller jusqu’au) complet abandon de Dieu (cf.Jér.2,13)

Ch.20. Le détachement vis-à-vis de ces biens temporels est source de beaucoup d’avantages.

– (1) en ne tirant  plus  sa  joie  des  biens  temporels, (l’homme ) se  procurera  la  liberté  de l’esprit, la lucidité de la raison, le repos, la tranquillité, la paisible confiance en Dieu, la soumission et la vraie docilité à son égard …
– (2). … il est à l’abri des préoccupations…
– (4). Il garde son cœur libre pour Dieu, disposition préparant à toutes les faveurs que Dieu voudra lui faire…

Ch. 21. Il est vain de placer sa joie dans les biens naturels : la beauté du visage, la bonne grâce, l’heureuse constitution physique et tous les autres dons naturels…

– (1). « Si l’homme place sa joie dans ces avantages naturels… sans rendre grâce à Dieu qui les accorde… uniquement en vue d’en jouir, c’est une vanité et une erreur… Il ne doit s’en réjouir que si cela l’aide à servir Dieu et le prochain pour l’amour de Dieu.
– (2). Il doit, en présence de ces dons naturels, élever son cœur vers Dieu, se réjouir et se féliciter de ce que Dieu est éminemment en Lui- même toute grâce et toute beauté, en un degré qui dépasse infiniment toute beauté créée …Ps 101,27  « toutes les créatures sans exception vieillissent et passent comme un vêtement, Dieu seul demeure immuable à jamais »…

Ch.22. La joie prise dans les biens naturels est source de beaucoup de maux.

-(2) vaine gloire, présomption, orgueil et mésestime du prochain… engourdissement de la raison et de l’intelligence…tiédeur et lâcheté dans les choses de Dieu…- (5). Il est vain, dangereux et pernicieux de se réjouir d’autre chose que d’être tout à Dieu…

Ch.23. Celui qui détache son cœur de la joie des biens naturels demeure libre pour aimer tous les hommes…

– (1). il acquiert l’humilité et la charité envers le prochain…son âme demeure libre et lumineuse pour aimer tous les hommes…comme Dieu veut qu’ils soient aimés…Quand on aime de cette manière, on aime selon Dieu et avec une grande liberté…Plus l’amour de Dieu va croissant, plus s’accroit l’amour du prochain parce que ces deux amours ont la même racine et jaillissent d’une même source. – (3). …une profonde tranquillité s’établit dans son cœur …
– (5)….sage et intelligent, comme tous ceux qui ne font pas cas des dons naturels, pour estimer uniquement ce qui plaît à Dieu…-(6)….la liberté d’esprit…au service de Dieu.

Ch.24. Comment mettre sa joie dans les biens sensibles (qui arrivent par la vue, l’ouïe l’odorat, le toucher )

– (2). Pour purifier la volonté de cette joie,…et la diriger vers Dieu à travers les biens sensibles…se rappeler que le sens ou la partie inférieure de l’homme, restera toujours incapable de connaître et de percevoir Dieu tel qu’Il est…
– (4). Ce serait une vanité d’y arrêter volontairement sa joie…si la volonté ne s’y arrête pas, si dès qu’elle éprouve un plaisir sensible à voir, à entendre, à parler, elle s’élève à Dieu pour se réjouir en Lui… c’est très bien.  (prudence)
– (7). L’homme spirituel, en présence d’un goût sensible, quel qu’il soit, …ne doit en user qu’en vue de Dieu et en élevant vers Lui le sentiment de joie qu’il éprouve en son âme… 

 Ch.26. Merveilleux sont les avantages que l’âme retire du renoncement à la joie qu’apportent les biens sensibles.

– (2) L’âme se dégage des distractions… elle se recueille en Dieu…
– (3-4) L’homme devient spirituel…« qui pénètre et juge tout, jusqu’aux profondeurs de Dieu » dit st Paul (1Co 2,10-15)… se dispose à recevoir les biens de Dieu et les dons spirituels.
-(5)…en échange du sacrifice d’une joie sensible prise dans les objets visibles, l’âme goûte une joie toute spirituelle à rapporter à Dieu ce qu’elle voit, entend, goûte,…soit de divin, soit d’humain…tire des choses sensibles une savoureuse attention à Dieu et une contemplation pleine de délices.
– (8) Pour chaque joie momentanée que nous aurons sacrifiée, nous dit st Paul, « un immense poids de gloire sera opéré en nous éternellement » (Co.4,17).

Résonnance dans ma vie :

« Quittons nos vaines joies et entrons dans la joie de Dieu ! »

  • Pour moi, qu’est- ce que la joie ?
  • Comment je reçois les conseils donnés par saint Jean de la Croix ?

Prière.

Ne rien savoir, que ta parole qui façonne en moi
Ta ressemblance, à chaque mot reçu dans le silence
Ne rien pouvoir, si non rester sous ton regard,
Plongé dans ton absence,
Laisser monter les flots de l’espérance !

Ne plus rien voir, si non ta main qui me saisit encore
A chaque instant, et qui m’emporte en l’éternel présent
Ne rien garder,
même la joie de me savoir aimé infiniment
Afin qu’augmente encor l’embrasement

(Paroles et musique : o.c.d.)

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