La joie à la lumière des saints du Carmel-Thérèse d’Avila

Editorial

Thérèse, sixième enfant, d’une famille nombreuse, est née à Avila en 1515. Dès son plus jeune âge, six-sept ans, elle désirait « aller promptement  au ciel pour y jouir de délices ineffables ».
Elle entre au carmel de l’Incarnation en 1536 où elle désire se livrer à la prière. Après la période facile des commencements « elle peine sur une mer orageuse en tombant, en se relevant, mais mal… consciente de sa vie imparfaite, mais gardant confiance en la miséricorde de Dieu » Vie ch. 8

Délices, consolation, bonheur, joie, contentement, félicité… Ces mots traduisent l’expérience de prière de Thérèse tout au long de sa vie… Dans les jours de sécheresse, elle invite à réciter lentement le Notre Père

« Quelle haute perfection dans cette prière évangélique où le Seigneur nous fait comprendre les faveurs célestes que sa miséricorde peut accorder ici-bas »  Chemin de Perfection ch. 36
« Donne-nous le pain de chaque jour ». Pain matériel dont nous avons besoin mais aussi Pain Eucharistique par lequel Dieu « demeure au milieu de nous » «Notre âme puisera dans le Saint Sacrement tous les goûts et toutes les consolations qu’elle pourra souhaiter» CP ch. 36 

Mais c’est surtout dans l’oraison que Thérèse trouve son Seigneur Elle nous presse de la rejoindre sur ce chemin ordinaire.

« Que celui qui n’aurait pas commencé à faire oraison, je le supplie pour l’amour de Dieu, de ne pas se priver d’un si grand bien !… L’oraison mentale n’est à mon avis qu’un commerce intime d’amitié où l’on s’’entretient seul à seul avec ce Dieu dont on se sait aimé «  Vie ch. 8
« L’âme n’a que trop de motifs pour mettre en lui sa consolation. En Lui est toute sa joie, en Lui sont toutes ses délices » Vie  ch. 10

Mais comment rentrer et rester dans ce commerce intime avec Dieu ? Thérèse nous enseigne par une comparaison, celle du jardinier commet utiliser l’eau vive de l’Amour.

« Il y a quatre manières d’arroser le jardin : d’abord en tirant de l’eau d’un puits, à force de bras, ce qui exige une grande fatigue de notre part ; celui qui débute considèrera qu’il va préparer un terrain très ingrat et rempli de mauvaises herbes où le Seigneur puisse prendre ses délices. Sa Majesté arrache les mauvaises herbes et doit planter les bonnes… Nous devons veiller avec l’aide de Dieu et prendre soin d’arroser » Vie  ch.11
Dans la seconde manière « le jardinier, en faisant marcher une noria garnie de godets, puise une plus grande quantité d’eau, se fatigue moins et peut prendre du repos.
L’âme a pris de la peine à tourner la roue de la noria, mais ce qui se passe est accompagné des consolations les plus vives… l’âme voit clairement qu’elle ne saurait trouver sur la terre un seul instant de ce bonheur dont elle jouit. C’est un contentement véritable … il est impossible de trouver tant de félicité dans les joies de la terre … Ici, pendant le temps de l’oraison, tout est bonheur pur, la peine ne vient qu’après »
Vie ch.14/

« Dieu nous entend toujours, il est toujours avec nous …Il nous donne de sentir les effets de sa présence en donnant à l’âme une grande satisfaction intérieure et extérieure,  Il lui manifeste ses délices et ses joies au plus intime d’elle-même…
La troisième eau  coule du ruisseau ou de la fontaine. Le Seigneur veut aider si bien le jardinier qu’il prend pour ainsi dire sa place et fait presque tout le travail… La douceur, la suavité et la délectation surpassent celle de l’oraison précédente et l’âme brûle du désir de faire part de tant de bonheur, qu’elle est impuissante à goûter toute seule, comme la femme de l’Evangile qui appelle ses voisines à partager sa joie ! » Vie 16

«  Parlons de cette eau qui tombe du ciel pour pénétrer, et abreuver de son abondance tout ce jardin. Si cette terre, a été profondément travaillée par les épreuves, les persécutions, les murmures, les maladies, elle est devenue souple par un absolu détachement … l’eau la pénètre si bien qu’elle ne souffre presque jamais de la sécheresse.   Vie 18

« Mais si le jardinier se néglige vous pouvez considérer le jardin comme perdu… mais je le dis pour les âmes faibles comme la mienne, qu’elle ne désespère jamais et qu’elle ne cesse d’avoir confiance en la miséricorde de Dieu. Je le répète que nul de ceux qui ont commencé à faire oraison ne se décourage jamais. Si on n’abandonne pas l’oraison elle nous conduira au port de la lumière »  Vie 19.

Thérèse nous met en garde :
«  pour déjouer les ruses et les douceurs du démon, c’est de commencer dès le début à porter généreusement la croix sans désirer de consolation… »  Le Seigneur nous dit : Prends ta croix et suis-moi. Il est notre Modèle ». Vie 15

Pourquoi, mes filles, ai-je voulu vous montrer le but à atteindre en vous parlant du bonheur que goûte l’âme quand elle boit à cette fontaine céleste ? … C’est afin que vous marchiez avec courage, le Seigneur appelle tout le monde… il nous appelle tous… Ceux qui ne resteront pas en chemin boiront de cette eau vive ».

Résonnance dans ma vie

« Donne-nous aujourd’hui notre Pain de chaque jour »
Le Pain Eucharistique est-il soutien pour notre vie ?
Sommes-nous ce jardinier avide d’accueillir l’eau vive de l’amour ?

Prière

Ô Seigneur de mon âme !
Vous qui êtes la miséricorde et l’amour
Vous avez dit encore :
« Venez à Moi, vous tous qui avez soif
et je vous donnerai à boire »
Ô Vie qui donnez la vie à tous les hommes,
Ne me refusez pas, à moi, cette eau si douce
que vous promettez à ceux qui la désirent,
Pour moi, Seigneur, je la demande, et je viens à vous.
Vous connaissez ma nécessité
et vous savez que cette eau est le vrai remède
de l’âme que vous avez blessée.
Ô Fontaines vivifiantes
qui jaillissez des plaies de mon Dieu
Qui pourra dire comment vous coulerez toujours
en flots abondants pour nous soutenir !
(Exclamation 9)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce contenu a été publié dans La joie à la lumière des saints du Carmel. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *