La miséricorde à la lumière des saints du Carmel Thérèse d’Avila 2

Editorial 

Thérèse-sculptureFilippo-della-Valle basilique st-pierre romeDans le précédent feuillet Thérèse nous a relaté son expérience de la Miséricorde du Seigneur durant toute sa vie.
Dans ce feuillet, nous regarderons et nous prierons avec Thérèse les « Exclamations ». Dans ces textes rédigés après la communion on est frappé de la vigueur qui en émane, de la sûreté théologique avec laquelle la Madre exprime ce qui lui tient à cœur… Elle le dit à Dieu lui-même, se le dit à elle-même, mêlant réflexion et prière, comme la trame et la chaîne d’un même tissu.
«Ces Exclamations »  ne sont destinées à personne qu’à elle-même, obéissant certains jours à une sorte de nécessité intérieure.
« 
C’est afin qu’au jour où mes misères se font vivement sentir et où ma raison s’aveugle, j’essaie de la retrouver dans cet écrit de ma main » Exclamation 17.
Ni la Sainte, ni ses filles n’y font allusion et aucune date de rédaction ne nous est précisée.

        Dans « l’Exclamation 7», Thérèse chante son allégresse. Devant son extrême misère, elle compte sur la Miséricorde divine, source en la Trinité Sainte d’une insondable gratuité.
« Ô Miséricorde sans bornes ! Ô faveurs si élevées au-dessus de nos mérites… Ô mon âme, considère avec quelle joie et quel amour le Père connaît son Fils, et le Fils connaît son Père, contemple avec quelle ardeur le Saint Esprit s’unit à eux… Ces trois personnes souveraines se connaissent, elles  s’aiment et elles sont les unes pour les autres une source de délices.
Quelle nécessité ont-elles donc de mon amour ? Soyez béni, soyez béni, vous, ô mon Dieu, à jamais. Que toutes les créatures célèbrent vos louanges… Que toutes les créatures d’ici-bas ne puissent jamais t’empêcher de mettre à ton tour tes délices et tes joies dans les grandeurs de ton Dieu. » Excl.7

       Dans ces textes Thérèse exprime son amour, ses désirs, son zèle pour Dieu et pour les hommes.
Ô Seigneur, comme vos Voies sont pleines de douceur… Je redoute de vivre sans vous servir… Je voudrais me consacrer tout entière à vous glorifier, et lorsque je considère bien ma misère, je vois que je ne puis rien de bon si vous ne me donnez de l’accomplir.
Ô mon Dieu, Ô ma Miséricorde ! Que ferai-je pour ne point défaire les magnificences que vous opérez en moi ? Vos œuvres sont saintes, elles sont justes ; car vous êtes Seigneur la sagesse même. Excl.1

       Assurée de rejoindre le désir de Dieu en lui parlant des hommes, Thérèse ne se fait pas faute de lui recommander les pécheurs parmi lesquels elle se compte.
“Comment est-il possible, Seigneur, qu’on perde le souvenir de tant de bienfaits et que  les mortels vous oublient jusqu’à vous offenser ? Ô mon Rédempteur… oubliant notre malice vous venez de nouveau nous tendre la main… pour que nous recherchions notre guérison et que nous vous la demandions. Béni soit un tel Seigneur ! Béni soit une si grande Miséricorde ! Louanges sans fin à une compassion si pleine de tendresse ! Excl 3.

Ô Seigneur de mon âme ! Vous qui êtes la Miséricorde et l’amour ! Vous avez dit encore « Venez à moi vous tous qui avez soif et je vous donnerai à boire. »
“Comment ne souffriraient-ils pas une soif dévorante, ceux que la convoitise des choses misérables d’ici-bas consume de ses flammes ardentes.”
Ah  !  Quelle  nécessité  ils  ont  de  votre eau pour n’être point complètement consumés ! Je le sais, ô mon Seigneur, votre bonté ne la leur refusera pas.
Ayez pitié de ceux qui n’ont pas pitié d’eux-mêmes ; et puisque leur infortune les a placés dans un tel état qu’ils ne veulent pas aller à vous, allez  vous-même à eux, ô mon Dieu ! Je vous le demande en leur nom.” Excl.9

“Ô Dieu de mon âme comme nous sommes prompts à vous offenser ! mais comme vous l’êtes davantage à nous pardonner.
Ô mon Bien, comme vous avez présentes les fautes que j’ai commises contre vous ! Qu’elles ne se renouvellent jamais, ô Seigneur ! Qu’elles ne se renouvellent jamais ni celles de tous les pécheurs… Daignez donc faire resplendir votre Miséricorde. Malgré ma misère je vous le demande pour les âmes qui ne veulent pas vous le demander. Vous voyez bien, ô mon Roi, quel tourment j’endure quand je vois les pécheurs songer si peu aux supplices qu’ils endureront toute une éternité, s’ils ne reviennent pas à Vous.
O vous qui êtes habitués à vivre dans les délices, les joies et les plaisirs et à faire votre volonté propre, ayez donc pitié de vous-mêmes, ô dureté des cœurs humains. Que votre immense Miséricorde, ô mon Dieu, les attendrisse ! Excl.10 

     Dans son zèle missionnaire, elle intercède à nouveau pour les pécheurs.
Ô mortels, revenez, revenez à vous. Jetez les yeux sur votre Roi. En ce moment vous le trouverez plein de mansuétude. Mais cessez pour toujours de montrer tant de malice… Rentrez, rentrez en vous-mêmes. Ouvrez les yeux ! Poussez de grands appels pour demander la lumière à Celui qui la donna au monde… Voyez Chrétiens, jamais nous ne pourrons arriver à comprendre tous les bienfaits dont nous sommes redevables au Seigneur, notre Dieu, ni les magnificences de ses miséricordes.” Excl. 12 

     La certitude d’une rencontre décisive, de l’assurance d’un royaume sans fin, prennent le pas sur toutes les impressions négatives liées à notre condition terrestre. S’adressant aux Saints du ciel, Thérèse leur demande :
“Ô âmes, qui jouissez sans crainte de votre bonheur et qui vivez toujours plongées dans les louanges de mon Dieu, que votre sort est heureux ! Que vous avez raison de ne pas discontinuer ses louanges !
Ô bienheureuses âmes du ciel, venez au secours de notre misère, intercédez pour nous auprès de la divine  miséricorde, afin qu’elle nous  donne part à votre félicité… Daignez nous aider ; puisque vous êtes si près de la source, daignez y puiser de l’eau, pour nous qui mourons de soif ici-bas.” Excl. 13

Résonnance dans ma vie.
Malgré notre fragilité, notre misère, notre péché, sommes-nous prêts à accueillir vraiment la miséricorde de Dieu ?

Prière.

« Vie qui donnes la vie à tous les hommes, source250
ne me refuse pas à moi cette eau si douce
que Tu promets à ceux qui la désirent.
Pour moi, Seigneur, je la désire,
je la demande, je viens à Toi.
Tu connais ma nécessité,
et Tu sais que cette eau est le vrai remède
de l’âme que Tu as blessée,
Ô Fontaines vivifiantes qui jaillissez
des plaies de mon Dieu,
coulez toujours en flots abondants
pour nous soutenir. » Excl. 9

 

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