Prier selon Elisabeth de la Trinité (1)

Editorial                                                                                   

Elisabeth031Après Thérèse de l’Enfant Jésus, nous voici entraînés au cœur de la Trinité avec Elisabeth de la Trinité.          

Elisabeth Catez  est née le 18 juillet 1880 au camp d’Arvor, près de Bourges où son père occupait un poste dans l’armée. Elle fut baptisée le 22 juillet, fête de Ste Marie Madeleine, à qui elle voua un culte particulier. Ensuite la famille Catez quitta Bourges et vint en Bourgogne à Auxonne d’abord, puis  à Dijon où Elisabeth perdit son père en 1887. 

Ayant un caractère très vif, Elisabeth se mettait parfois en colère, mais à partir de sa première communion, le 19 avril 1891, son attitude changea. Pendant la cérémonie des larmes, coulèrent, silencieuses, Elisabeth n’a pas livré le secret de cette première rencontre avec Jésus. Mais elle nous livre le début de sa vocation :

« J’allais avoir 14 ans, quand, un jour, pendant mon action de grâce, je me  sentis irrésistiblement poussée à choisir Jésus pour unique Epoux »

    Mais il lui faudra attendre ses 21 ans pour avoir la permission de sa mère, et entrer au Carmel. C’est donc le 2 août 1901, que le cloître s’ouvrira à Elisabeth. Le silence du Carmel fera son bonheur.

Entrée  au Carmel, elle apprit qu’à l’origine de toute vie spirituelle, il y a cette prise de conscience de la présence de Dieu en nous. Pour cela elle s’appuie sur les textes des écritures : 

« Ne  savez- vous pas que vous êtes le temple de Dieu » (1Co 3,16) « Demeurez en moi, et moi en vous » (Jn 15,4) « C’est le Verbe de Dieu qui donne cet ordre et qui exprime sa volonté »  (Dernière retraite 3)

Toute sa correspondance est remplie de conseils sur la présence de Dieu, sur se tenir près de Lui, dans le silence. 

« La Trinité, voilà notre demeure, notre chez nous, la maison paternelle d’où nous ne devons jamais sortir.» (cf1)           

A sa mère : « Je demande à l’Esprit Saint de te révéler cette présence de Dieu en toi,  cette doctrine n’est pas de moi… [Elle est] de l’Evangile » 

Dans ses lettres elle redit sans cesse la nécessité du silence pour vivre en présence du Seigneur,  

A sa sœur  Guite : « Dans la journée, pense à Celui qui sait tout, qui comprend tout, pense qu’il est au dedans de toi comme une petite hostie … Dans la journée pense quelquefois à Celui qui vit en toi et qui a soif d’être aimé » ….. «   Je  te conseille de simplifier tous tes livres… tu verras que c’est bien meilleur…. Prends ton Crucifix, regarde, écoute. On  peut prier le Bon Dieu en agissant, il suffit de penser à Lui. »   (  L93 )

Pour vaincre sa nature, dit-elle à son amie Françoise, il faut recourir à Jésus : « Dans la journée pense à Celui qui sait tout, qui comprend tout. Je vais te dire quelque chose : puisque je ne suis pas là pour recevoir à chaque instant le trop plein de ton cœur, chaque fois que tu sentiras le besoin de me faire confidence, tu entreras dans ta chambre, et là, entre ton Crucifix et mon portrait, tu te recueilleras un moment, et tu penseras que je suis là avec le bon  Jésus.   ( L 98 )

[…] « Ah !si je pouvais t’apprendre le secret du bonheur comme le Bon Dieu me l’a appris ! […] Il faut que tu te bâtisses comme moi une petite cellule au-dedans de ton âme ; tu y entreras de temps en temps, et lorsque tu sens tes nerfs,  vite sauve-toi là et confie tout cela au Maître. »   ( L 123)

« Si tu ne sais pas où me trouver, c’est bien ta faute, car je t’ai indiqué le rendez-vous (le Crucifix) et je t’assure que je ne me prive pas d’aller t’y trouver. » (L 105 )

A ses tantes : « Heureusement que tout en étant Marthe, on peut rester comme Madeleine toujours auprès du Maître, le contemplant dans un regard amoureux. » ( L 108)

Au chanoine Angles : « On le trouve dans son sommeil comme à l’oraison puisque c’est Lui en tout et toujours. »  ( L 111)

A Mme de Sourdon : « Nous portons notre ciel en nous puisque Celui qui rassasie les glorifiés dans la lumière…se donne à nous dans la foi et le mystère, c’est le même ! Il me semble que j’ai trouvé mon ciel sur la terre puisque le ciel c’est Dieu, et Dieu, c’est mon âme »  (L 122 ) 

 Elisabeth recommande la prière d’abandon à Françoise de Sourdon :  » La prière…il me semble que c’est un repos, un délassement : on vient tout simplement  à Celui qu’on aime, on se tient près de Lui comme un petit enfant dans les bras de sa mère et on laisse aller son cœur. Tu aimais tant t’asseoir tout près de moi et me faire des confidences, c’est comme cela qu’il faut aller à Lui, si tu savais comme il comprend bien.   (L 123 )

A Mme Sourdon : « Quand le présent était si douloureux et que l’avenir m’apparaissait encore plus sombre, je fermais les yeux je m’abandonnais comme un petit enfant dans les bras de ce Père qui est aux cieux […] Croyez que toute sa volonté est de vous emmener toujours plus loin en Lui, livrez-vous à Lui avec toutes vos préoccupations »  ( L 129 )

A Germaine : Aimez toujours la prière,…et quand je dis la prière ce n’est pas tant s’imposer quantité de prières vocales à réciter chaque jour, mais cette élévation de l’âme vers Dieu à travers toutes choses qui nous établit avec la Sainte Trinité en une sorte de communion continuelle. Tout simplement en faisant tout sous son regard.   (L 252)

Sa prière s’élargit au monde entier, elle se fait missionnaire : « Mon âme s’unit à la vôtre pour l’église et pour le Diocèse » (L191) « Il y a  beaucoup à expier, beaucoup à demander, et je crois que pour suffire à tant de besoins il faut devenir une prière continuelle et aimer beaucoup »  ( L  225 )

Résonnance dans ma vie

Elisabeth de la Trinité nous entraine sur le chemin de l’intériorité…

Au début, cette présence à Dieu demande un effort, est- ce que je me donne de petits moyens pour y parvenir ?  Est-ce que je prends des temps de silence pour rencontrer  ce Dieu vivant présent en moi ?

Prière.

Que l’Esprit Saint nous attire toujours plus au cœur de ce grand mystère de la  Trinité.   Faisons nôtre cette belle  poésie écrite pour sa sœur Guite :

Demeure nuit et jour sous le regard divin                             Elisabeth Laisse imprimer en toi, pour que rien ne s’efface,
De ton Maître adoré la radieuse Face…
Il est ton Immuable, Il ne change jamais,
Demeure toute sienne en sa divine paix.
Rappelle-toi toujours qu’Il te cherche et qu’Il t’aime,
Qu’Il veut te transformer en un autre Lui-même… Puisqu’Il demeure en toi, il faut que tu le donnes,
Que partout et toujours ton âme le rayonne…
Afin qu’à travers tout tu sois son sacrement.     (P 82
)

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