Relations 2 et 3.

Editorial

Nous continuons avec ce numéro de survoler divers écrits de Thérèse. Le premier feuillet nous a permis de découvrir grâce à quelques unes de ses  lettres, combien elle était profondément humaine dans ses relations avec sa famille et ses bienfaiteurs  et combien elle avait les pieds sur terre pour traiter les affaires de ses monastères. Ce second feuillet nous fera découvrir à travers des extraits de la deuxième et la troisième relations,  écrites pour son confesseur, un peu de sa vie spirituelle. L’oraison tient la première place dans sa vie et cela a pour conséquence de faire grandir son esprit de pauvreté, de foi, sa charité, sa patience, son détachement et son courage pour travailler à la gloire de Dieu  

 IIème  Relation,   janvier-juillet 1562

Therese avila…. Les biens que la véritable pauvreté nous fait acquérir sont, selon moi, en grand nombre, et je souhaiterais beaucoup ne pas les perdre. J’éprouve souvent une si grande confiance que Dieu ne peut manquer à ceux qui le servent, et une foi si vive en l’infaillible accomplissement de ses paroles, que je ne puis me résoudre à accepter des revenus, ni concevoir aucune crainte. Aussi, je ressens une peine très vive lorsqu’on me conseille d’avoir des rentes, et je me tourne vers Dieu en implorant son secours.

Je suis plus touchée que je ne l’étais autrefois des nécessités des pauvres; la compassion qu’ils m’inspirent et le désir que   j’ai de les  soulager me porteraient,  si je suivais mon penchant, à me dépouiller pour les revêtir. Ils ne me causent aucun dégoût, quoique je m’approche d’eux et que je les touche. C’est là, je le vois, un don de Dieu; auparavant, sans doute, je leur faisais l’aumône pour l’amour de lui, mais je n’avais pas naturellement pitié de leurs misères. Je sens une amélioration bien manifeste sur ce point.

Je me trouve aussi intérieurement beaucoup mieux disposée à l’égard des choses qu’on dit contre moi; quoiqu’elles soient en grand nombre et me portent préjudice, je n’en suis pas plus touchée, me semble-t-il, que si j’étais insensible! quelquefois, et même presque toujours, je trouve qu’on a raison de me blâmer. Je le sens si peu, que je crois n’avoir en cela rien à offrir à Dieu; il me semble même que ceux qui parlent contre moi me font du bien, parce que je connais par expérience le grand profit qu’en retire mon âme. Ainsi il me suffit du premier moment d’oraison, pour voir s’effacer de mon âme tout sentiment d’inimitié contre eux; ce n’est pas qu’à l’instant même où j’entends ces détractions, je n’en sois pas un peu peinée, mais c’est sans inquiétude et sans trouble… Il m’a donné, comme je l’ai dit, de plus grands désirs de le servir, plus d’amour de la solitude, et plus de détachement des choses de la terre.

 IIIème  Relation, 1563 du Monastère de St Joseph d’Avila.

 Je vois les grands besoins de l’Eglise, et j’en suis si profondément attristée, que s’affliger d’autre chose me semble se moquer. C’est pourquoi je ne cesse de recommander à Dieu ces hommes éminents en science, persuadée qu’un seul d’entre eux, entièrement parfait et véritablement embrasé du feu de son amour, fera plus de fruit qu’un grand nombre d’autres vivant dans la tiédeur.

En ce qui regarde la foi, je me sens plus ferme que jamais; il me semble que je ne craindrais pas de disputer seule contre les luthériens assemblés, pour les convaincre de leur erreur. Je suis saisie de douleur en songeant à la perte de tant d’âmes. Je reconnais clairement qu’il a plu à Dieu de se servir de moi pour l’avancement spirituel de plusieurs âmes, et que la mienne, par sa pure bonté, grandit chaque jour en amour pour lui. Il me semble que,  quand je m’étudierais  à avoir de  la vanité,   je ne pourrais en venir à bout; il me serait également impossible de m’imaginer que des vertus que je ne possède que depuis peu m’appartiennent, voyant que j’ai passé tant d’années sans en avoir une seule, et ne faisant, à l’heure qu’il est, que recevoir des grâces sans rien accomplir pour Dieu; enfin, étant l’être au monde le plus inutile. C’est pourquoi je considère souvent que les autres avancent dans le service de Dieu, et que moi seule ne fais rien pour le progrès de mon âme. Ceci n’est certainement pas de l’humilité, mais la vérité; et quand je me vois si inutile, je ne puis parfois m’empêcher d’avoir quelque crainte d’être trompée.

Il est des jours où mille fois je me rappelle ce que dit saint Paul, quoique certainement je sois bien éloignée de l’éprouver au même degré que lui. Il me semble que ce n’est plus moi qui vis, qui parle, qui ai une volonté, mais qu’il y a en moi quelqu’un qui me gouverne et me fortifie; dans cet état, je suis presque hors de moi-même; la vie me devient un cruel martyre. Il est si douloureux de vivre séparée de mon Dieu, que la plus grande chose que je puisse alors lui offrir, le service le plus signalé que je puisse lui rendre, c’est de vouloir vivre par amour pour lui; mais je souhaiterais que ce fût en soutenant de grandes croix et de grandes persécutions. Ne pouvant étendre sa gloire, je voudrais du moins souffrir pour lui; et je serais prête à endurer tout ce qu’il y a au monde de souffrances, pour acquérir un peu plus de mérite, je veux dire pour accomplir un peu plus parfaitement la volonté de mon Dieu…

Ce que Dieu m’a donné à connaître et à comprendre de sa grandeur et de sa providence est tel, que presque toutes les fois que j’y pense, je me perds dans cette considération, mon esprit contemplant des merveilles de beaucoup élevées au-dessus de lui, et je demeure dans un profond recueillement. Il est si attentif à me, préserver de l’offenser, que j’en suis quelquefois dans l’étonnement. Je vois, ce me semble, le soin extrême qu’il prend de moi, et je n’y contribue presque en rien. Je ne suis qu’un abîme de péchés et de malices; il me semblait même qu’avant que, Notre-Seigneur m’eût favorisée de ces grâces, je n’aurais jamais la force de mettre un terme à mes offenses. Si donc je désire qu’elles soient connues, c’est afin que l’on comprenne le grand pouvoir de Dieu. Qu’il soit béni et loué dans les siècles des siècles! Amen.

Parole pour aujourd’hui.

« En ce qui regarde la foi, je me sens plus ferme que jamais »
Dans les moments de solitude, de doute,  avons-vous recours à la Vierge Marie ? A d’autres saints ? A la Parole de Dieu ?
A des amis ?
Quels moyens pouvons-nous prendre pour fortifier notre foi ?

« Je vois les grands besoins de l’Eglise » 
« Il m’a donné, comme je l’ai dit, de plus grands désirs de le servir  »
Il arrive que nous donnions plus d’importance à « faire des œuvres  pour Dieu » plutôt que « faire l’œuvre  de Dieu ».
Quels moyens pouvons-nous prendre pour connaître les besoins de l’Eglise, et pour mieux le servir ?

Prière.

1. Thérèse, fille intrépide                      
sur les pas de Jésus-Christ                   
le cœur brûlant et l’âme avide,            
à chercher Dieu et à aimer.

Puisqu’enfin tu vois Dieu                   
Pour les siècles de joie                         
Brûle-nous de son feu :                       
Nous vivrons comme toi.                     

photo_mail_le-principe-de-precaution 2. Thérèse, sœur très humaine
passionnée de vérité
dans ton élan, tu nous entraines
tu quittes tout, Il est ta vie.  

3. Thérèse, mère attentive
dans ton cœur un seul désir
habiter Dieu, boire l’eau vive
et pour l’Eglise, tout offrir.

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