Sa vie

Sa Vie, “Une heureuse aventure”

 

1542 – Le 24 janvier à Fontiveros naissance de Juan de Yepes qui deviendra le plus illustre poète de l’Espagne en même temps qu’un des plus grands saints : Jean de la Croix. Il naît sous le signe de la pauvreté choisie par amour : son père Gonzalo de Yepes , riche héritier, renonce à tout pour épouser une jeune orpheline ouvrière en tissage, Catalina Alvarez. 3enfants naîtront de ce mariage : Francisco, Luis qui mourra très jeune et Juan. Epuisé de travail et de privations Gonzalo tombe malade et meurt, Catalina reste seule avec ses trois garçons, sa misère et sa Foi. Dans ce foyer où souvent on manque du nécessaire on est heureux et le petit Juan découvre que le RIEN laisse la voie libre à l’étreinte de Dieu. La pauvreté marquera ainsi toute sa spiritualité et le choix de ses comportements.

1551 – Catalina s’installe à Médina del Campo avec Francisco et sa jeune épouse Anna. Juan peu doué pour les métiers manuels fréquente alors le Collège de la Doctrine créé pour l’instruction rudimentaire des enfants pauvres moyennant quelques services dans la paroisse ou à l’hôpital de « Las Bubas ». Là il approche la souffrance, la mort et assiste aux ultimes combats de la grâce et du péché. Il regarde…écoute… comprend. Chaque semaine il mendie pour les malades confiés à son amour suivant en cela l’exemple de sa mère et des siens ouverts à toute détresse malgré leur pauvreté. Remarqué par sa douceur, sa ferveur et ses aptitudes intellectuelles il est admis au collège des Jésuites où pendant ses heures de liberté il fait ses humanités -pendant 4 ans-. C’est aux fils de Ignace de Loyola qu’il devra les premières bases de son savoir. 1563 – Voulant être tout entier à Dieu il entre au Carmel et, après un noviciat fervent, Frère Jean de Saint Mathias poursuit ses études à Salamanque où très vite il devient le responsable de ses frères étudiants. Mais aspirant sans doute à plus d’austérité, de solitude, tourmenté par le désir absolu de Dieu, il décide d’entrer à la Chartreuse.

1567- Venu à Médina del Campo pour y célébrer ses premières messes il rencontre la Madre Thérèse d’Avila désireuse d’étendre aux Carmes la réforme entreprise pour les Carmélites. Elle est conquise,…il est séduit…et le 28 novembre

1568 il inaugure la réforme dans la misérable masure de Duruelo. Désormais Frère Jean de la Croix, il s’adonne à une vie de contemplation intense et de zèle apostolique auprès des paysans d’alentour, le tout baignant dans un incroyable dépouillement de toutes choses.

1569 – Thérèse d’Avila l’appelle auprès d’elle à Avila où elle vient d’être élue prieure d’un couvent de quelque 150 religieuses dont la santé est loin d’être menacée par les excès d’observance et… d’oraison. Il y restera 5 années . Par sa douceur, son humanité, il y fait merveille et fait la conquête des religieuses bien réticentes au départ.

1577 – Mais l’orage gronde entre les réformés et les religieux de l’ancienne observance. On décide de frapper à la tête et dans la nuit du 2 au 3 décembre, Jean de la Croix est enlevé par un « Commando » et incarcéré dans le couvent de Tolède. Emprisonné, privé de tout, maltraité, on essaie de l’avoir à l’usure. De quoi sombrer dans le désespoir, la lâcheté, l’obsession…Mais ce qui va jaillir de cette « boue » du cachot de Tolède c’est un des plus beaux chants d’amour d’un cœur purifié. A quel prix? Plus tard Jean de la Croix confiera : « une seule de ces grâces que Dieu me fit en ce lieu ne saurait se payer, pas même par plusieurs années de prison… »

1578 – Durant l’octave de l’Assomption il réussit à s’évader et se réfugie chez les Carmélites de Tolède qui le soustraient aux recherches de ses poursuivants. Après un mois et demi de repos à l’hôpital de Santa Cruz il se rend au Chapitre d’Almodovar et de là en Andalousie comme prieur du Calvario tout proche de Beas. Les Frères sont conquis par ce prieur équilibré, exigeant pour les droits de Dieu mais indulgent pour l’humaine faiblesse. La nourriture qu’il leur distribue deviendra le livre célèbre de « la Montée du Carmel » . Là aussi il compose le poème de la « Nuit obscure ». Chaque semaine il se rend près des Carmélites de Beas et leur commente les strophes de son Cantique spirituel composé dans sa prison .

1579 – En mars il prend la route de Baeza , chargé de fonder un collège pour les jeunes Carmes andalous. Dans cette ville universitaire il s’adonne sans compter au ministère de la confession aussi bien des petites gens que des savants. C’est là qu’il apprendra la mort de sa mère à Médina del Campo.

1580 – Le pape Grégoire XIII approuvant la séparation des Carmes Chaussés et des Déchaussés, la nouvelle province s’organise.

1581 – Au chapitre de Alcala de Henares il est nommé conseiller provincial et prieur de Los Martires à Grenade. Là il restera 6 ans; années d’intense labeur, de créations littéraires, de fondations, d’incessants voyages. Mais rien ne peut désormais troubler l’inaltérable paix où son âme est établie: Ce n’est plus lui qui agit, mais le Christ en lui. Tout en consacrant beaucoup de temps aux travaux manuels que nécessite l’état où il trouve le couvent, il s’occupe de ses frères et des personnes qui s’adressent à lui avec une inlassable sollicitude; dur pour lui-même, il n’était pour les autres que la bonté faite homme.

1588 – Au chapitre de Lisbonne il est nommé premier définiteur et en 1589 prieur de Ségovie. Il ne voyage plus alors, n’écrit presque plus. Sa souffrance intérieure est intense car des conflits de personnes et d’orientations menacent et fragilisent la Réforme. Il se sent le seul gardien de l’héritage Thérésien et pressent qu’il sera bientôt « jeté dans un coin ».

2 Juin 1591 – Au chapitre de Madrid les divergences explosent. Jean de la Croix conscient d’être le dépositaire de l’héritage Thérésien maintient courageusement ses convictions et s’oppose aux déviations. Il s’attire ainsi les foudres du Provincial et il est renvoyé sans aucune charge au petit couvent de la Penuela. Poursuivi par d’odieuses calomnies il se tait…

Septembre 1591 – Malade il choisit de se faire soigner à Ubeda où il est inconnu plutôt qu’à Balza où il est très aimé. Mal accueilli par le prieur qui multiplie vexations et mauvais traitements il endure tout avec sérénité. Fin novembre son premier compagnon de Duruelo, Don Antoine , accourt et prend soin de lui. Le prieur touché par tant de patience implore un pardon qu’il lui accorde. Le 13 décembre, Jean de la Croix sait qu’il va mourir. Il n’en peut plus d’attendre la rencontre avec le Bien-Aimé . A 23 h.30 il se fait lire le Cantique des Cantiques. A minuit, quand les Matines sonnent il s’exclame:“ Je vais les chanter au ciel ”et meurt en remettant son esprit entre les mains du Seigneur.

 

Ainsi s’achevait, à 49 ans , la vie ardente de saint Jean de la Croix.

 

Prière

Ah! Qui donc pourra me guérir!
Pourquoi, Toi qui blessas mon cœur
Refuses-tu de le guérir?…
Éteins, je t’en prie, mes ennuis,
Et que mes yeux enfin te voient
Toi, leur lumière véritable…
Ah! Découvre-moi ta présence!…
Grenade, entre 1584 – 1586

Orientation de vie

Offrir chaque matin notre vie par amour
pour Celui qui nous a tout donné jusqu’à sa propre vie.

 

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