L’Eucharistie

Élisabeth et l’Eucharistie

Dans son œuvre Elisabeth voit l’Eucharistie comme une présence, une exigence de s’unir intimement au sacrifice du Christ, une mission de louange de Gloire et plus largement comme sa mission.

 

1. L’EUCHARISTIE, UNE PRÉSENCE

La pierre de fondation de la spiritualité d’Elisabeth, c’est la présence trinitaire au cœur du baptisé, le mystère de l’habitation divine, de la demeure intérieure dans laquelle Dieu réside pour nous permettre, à notre tour, de demeurer en Lui. Comment Elisabeth vit-elle cela à propos de l’Eucharistie ?

Le Jeudi Saint 1899, elle vient de communier et prie ainsi “O Jésus qui reposes en mon cœur, Jésus ma vie…Je viens te consoler en ce jour où tu m’as tant aimée”.

Plus tard, dans une lettre au père Chevignard , elle y verra la preuve tangible de son cœur invisible.

“Il me semble que rien ne dit plus l’amour qui est au cœur de Dieu que l’EUCHARISTIE: c’est l’union, la consommation, c’est Lui en nous et nous en Lui. N’est-ce pas le Ciel sur la terre, le Ciel dans la foi en attendant la vision face à face tant désirée. Oh ! priez, n’est-ce pas, pour que je vive pleinement ma dot d’épouse. Que je sois toute disponible, tout éveillée dans la foi, afin que le Maître puisse m’emporter partout où Il voudra. Je voudrais me tenir sans cesse près de Celui qui sait tout le mystère, afin d’entendre tout de Lui…” L 165 14 juin 1903

Si Elisabeth , ce fameux Jeudi Saint, veut consoler Jésus, c’est qu’elle a reçu une confidence :“ Il m’a semblé que tu me parlais au fond de mon cœur de ceux qui n’étaient pas là”(J 120). “Le donneur de Vie est là si proche…Lui le Bien-Aimé de l’Eucharistie ” qu’elle n’oublie pas les absents. Souvent elle dit à l’une ou l’autre de ses amies : “ce matin, j’ai communié pour toi”.

Elle écrit encore dans la lettre au père Chevignard : “Pendant cette octave (de Pentecôte), nous avons le Saint Sacrement exposé à l’oratoire ; ce sont des heures divines que l’on passe en ce petit coin de Ciel, où nous possédons la vision en substance sous l’humble Hostie. Oui, c’est bien le Même que les bienheureux contemplent dans la clarté et que nous adorons dans la foi”. L 165 14 juin 1903

 

2 – L’EUCHARISTIE UN SACRIFICE

Accueillons ce que nous dit Elisabeth sur l’union au crucifié. Ainsi, elle écrit à des prêtres :

“Je sais que chaque jour vous priez pour moi à la sainte Messe. Oh, n’est-ce pas , mettez-moi dans le calice, afin que mon âme soit toute baignée dans ce Sang de mon Christ dont j’ai si soif ! afin d’être toute pure, toute transparente pour que la Trinité puisse refléter en moi comme un cristal. ” L 131 2 août 1902

“Je viens vous demander de vouloir bien me consacrer à Lui demain à la sainte Messe. Baptisez-moi dans le Sang de Agneau, afin que, vierge de tout ce qui n’est pas Lui, je ne vive que pour aimer d’une passion toujours croissante, jusqu’à cette heureuse unité à laquelle Dieu nous a prédestinés en son vouloir éternel et immuable”. L 234 21 juillet 1905

“Je vous demande une intention toute spéciale afin que le Christ, par l’effusion de son Sang, me revête de cette pureté, de cette virginité qui permet à l’âme d’être irradiée de la clarté même de Dieu”. L 250 29 novembre1905

A travers ces textes, Elisabeth demande l’union à l’Eucharistie comme une sorte de second baptême, comme une réalisation toujours plus profonde de son être de baptisé. “Baptisez-moi dans le Sang de l’Agneau”. Elle sait aussi que la mystique baptismale est un mystère de mort à soi-même, de purification c’est pourquoi elle demande “ d’être vierge de tout ce qui n’est pas Lui”.

 

3. L’EUCHARISTIE, LOUANGE DE GLOIRE

Le mot Eucharistie veut dire : louange, action de grâces. Louange au Père parce qu’il se donne dans son Fils et son Esprit, et en eux peu à peu renouvelle le monde, le faisant parvenir à son total accomplissement . La spiritualité d’Elisabeth s’épanouit dans ce thème de la louange de gloire. Elle trouve dans ce mot de Paul l’épanouissement de sa propre recherche spirituelle:

“ que plus rien en moi ne vive pour moi-même, que je ne vive plus que pour Lui ”(L 99) .

Cette vie passionnée de la Gloire de Dieu s’épanouit dans une fonction de louange.

“Dieu soit béni de tout ”, et qu’importe finalement qu’il donne la vie rude ou la facilité, pourvu qu’il en soit béni. Aidez -moi , monsieur l’Abbé, j’en ai grand besoin. Plus la lumière se fait, plus aussi je sens mon impuissance. Voulez-vous, le 8 décembre, (puisque vous êtes grand pontife), me consacrer à la puissance de son amour, pour que je sois en vérité “ Louange de Gloire ”. J’ai lu cela dans saint Paul et j’ai compris que c’était ma vocation dès l’exil en attendant le Sanctus éternel. L 250 29 novembre 1905

Que nos Eucharisties soient louange, unis à tous ceux qui, déjà unis à Dieu dans le face à face, s’émerveillent de s a beauté et de son amour. UNE POESIE D’ELISABETH SUR L’EUCHARISTIE A l’occasion de l’adoration perpétuelle qui dure trois jours Elisabeth écrit le 6 février 1899 dans son journal:

“ Je me réjouis de recevoir mon Jésus chacun de ces trois jours, je me réjouis d’aller le prier au pied de son autel et de causer avec Lui dans un doux cœur à cœur ”! … J 5 Dans cette poésie, écrite les jours suivants (10-12février 1899) elle nous redit ce qu’est pour elle “ le Bien- Aimé de l’EUCHARISTIE ”, elle l’appelle : “ Mon Epoux, mon Amour, ma Vie…ô mon Roi…mon trésor…mon seul Bien ”

Elisabeth est aussi très sensible au fait que ce beau sacrement n’est pas une rencontre d’un instant avec Jésus mais une invitation à vivre au présent de sa présence, à se laisser aimer par Lui, et à lui prouver qu’elle L’aime : “ souffrir et consoler son cœur…Souffrir! Oh prouver que je L’aime.”

 

 

Prière

O Jésus de l’Eucharistie,
Mon Epoux, mon Amour, ma Vie,
Que j’aime venir chaque soir
T’écouter, te causer, te voir !…
Lorsque j’entends parler ta voix,
Ô mon Epoux, ô mon bon Maître,
Faisant silence à tout mon être
Je n’entends, je ne vois que toi.
Que ne puis-je en cette demeure Sainte,
passer de longues heures,
Que ne puis-je vivre toujours Près de Jésus,
mon seul Amour ?…

 

Orientation de vie

A chaque messe :  Rappelons-nous que l’Eucharistie n’est pas une rencontre d’un instant avec Jésus mais une invitation à vivre au présent de sa Présence.
Unissons-nous personnellement à son sacrifice à travers toutes les difficultés de notre vie.
Laissons-nous aimer par Lui et rendons lui amour pour amour.

 

 

 

 

 

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