La prière de Jésus

LA PRIERE DE JESUS
ou prière du cœur

 

I – Avez-vous déjà surpris votre cœur en flagrant délit de prière ?

devant un beau paysage,avec un livre qui nous plonge dans le mystère de la relation de l’homme avec Dieu, dans une rencontre avec un homme de prière.

Lorsque nous faisons cette expérience, cette parole nous revient :

“Notre cœur n’était-il pas tout brûlant, lorsqu’il nous parlait en chemin” et qu’il nous expliquait les Ecritures.”(disciples d’Emmaüs en St Luc)

Que se passe-t-il alors ?

C’est un moment de notre vie où nous pressentons le Royaume des Cieux, où notre cœur s’ouvre pour laisser jaillir la prière. C’est cette vie Trinitaire enfouie au fond de notre cœur depuis notre baptême qui remonte jusqu’à notre conscience.

Par la prière de Jésus, nous cherchons Dieu lui-même dans les profondeurs de notre être et nous le rencontrons en invoquant le nom de JESUS dans la foi et l’amour.

 

II – Découvrir notre cœur de prière

Il faut donc faire retour au centre de nous-mêmes pour découvrir Dieu. Ce retour nous apporte le recueillement, le silence intérieur, le repos, la paix, la tranquillité. Il faut devenir des êtres éveillés à la Présence de Dieu, des êtres de prière. Cette démarche a été vécue dès les origines puisque nous trouvons :

“Priez sans cesse, en toutes choses faîtes eucharistie.” (1 Th 15, 17-18)

“Soit que vous mangiez, soit que vous buviez, faîtes tout pour la Gloire de Dieu.” (1 Cor 10,31)

“Veillez et priez en tout temps.” (Lc 21,36)

Ce précepte de la prière continuelle, l’Eglise a cherché comment le vivre.

Les pères de l’Eglise orientale, puis des laïcs ont pratiqué la prière de jésus qui est tout simplement la prière du publicain de l’Evangile :

“Seigneur, prends pitié de moi pécheur.” C’est aussi le “Seigneur, prends pitié” de la liturgie. Ou encore la prière de l’aveugle de Jéricho :

“Seigneur, Jésus-Christ, Fils de Dieu, prends pitié de moi, pécheur.”

Dans cette prière, s’exprime le mouvement de conversion où l’homme se décentre de lui-même et retrouve enfin sa vraie nature qui est prière. A force de dire la prière de Jésus, l’homme descend dans les profondeurs de son être. L’homme réalise vraiment ce pour quoi il a été créé, c’est à dire, rendre un culte à Dieu. Tout cela culmine dans l’amour véritable du prochain.

 

III – En quoi consiste la prière de Jésus ?

Elle consiste à répéter sans cesse la formule :

“Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, prends pitié de moi pécheur.”

ou une formule plus courte : “Seigneur, prends pitié” ou “Fils de Dieu, ayez pitié” ou encore “Jésus, pitié” ou même seulement “Jésus”.

Il est important de trouver la formule qui nous convient le mieux et de s’y tenir, au moins dans nos commencements. Mais cette répétition, n’est qu’un moyen extérieur qui doit nous conduire à la prière intérieure.

Cette prière puise sa force dans le Nom Divin. Le Nom de YHWH dans l’Ancien Testament, le Nom de Jésus dans le Nouveau Testament, particulièrement dans les actes des Apôtres :

“Quiconque invoquera le Nom du Seigneur sera sauvé.” (Act 2,24)

Dans la Bible, le Nom, c’est la personne elle-même, le Nom de Jésus sauve, guérit, chasse les esprits impurs, purifie le cœur. Cette prière doit se fixer sur le rythme de la respiration. La respiration sert de support et de symbole spirituel. La fonction respiratoire, essentielle à la vie de l’organisme est liée à la circulation du sang, au rythme du cœur, aux fibres les plus profondes de notre être. La respiration profonde du Nom de Jésus est vie pour la créature. L’esprit s’apaise, trouve le repos, se débarrasse de l’agitation du monde extérieur, quitte la multiplicité et l’éparpillement, se purifie du mouvement désordonné des pensées, des images, des représentations, des idées, s’intériorise et s’unifie en même temps qu’il prie avec le corps. Dans la profondeur du cœur, l’esprit et le corps retrouvent leur unité originelle, l’être humain retrouve sa simplicité.

Dans la tradition orientale, le cœur désigne le centre de l’être humain, la racine des facultés actives de l’intellect et de la Volonté, le point d’où provient et vers lequel converge toute la vie spirituelle.

C’est la source obscure et profonde d’où jaillit toute la vie psychique et spirituelle de l’homme et par laquelle celui-ci est proche et communique avec la Source même de la vie. La prière de Jésus avec son aspect de technique spirituelle et son rythme respiratoire nous aide à descendre de l’esprit ou de l’intelligence dans le cœur. Petit à petit, le NOM de JESUS s’identifie avec les battements du cœur et alors, même sans que nous en ayons conscience, le cœur de lui-même, prie et respire sans cesse dans la prière de Jésus qui devient ainsi la prière perpétuelle et incessante.

La prière jaillit de notre cœur à tout moment, nous avons découvert notre cœur de prière.

 

IV – L’illumination du cœur

Lorsque la prière de Jésus devient la prière du cœur, son premier effet est l’illumination.

L’aveugle de Jéricho, ses yeux s’ouvrent à la lumière. (Lc 18,36)

Les yeux du cœur s’ouvre à la lumière divine.

Le cœur est éclairé et par lui, l’être tout entier. (Mt 6,22)

Lorsque l’intelligence et le cœur sont unis dans la prière et que les pensées de l’âme ne sont pas dispersées, le cœur se réchauffe d’une chaleur spirituelle et la lumière du Christ y resplendit remplissant de paix et de joie l’homme intérieur. L’illumination apportée par la prière du cœur, vient de la grâce seule. L’illumination ne va pas sans labeur. Elle n’est donnée parfois qu’au terme d’une longue attente, d’une longue peine. C’est que le cœur est aussi le domaine du péché, de l’obscur, des ténèbres. N’oublions pas le sens des paroles  » Seigneur Jésus, aie pitié de moi pécheur  » Il faut parfois forcer cette obscurité par la contrition et la vraie repentance.

 

V – La déification de l’homme

Par la prière du cœur, par la grâce de l’illumination, l’être retrouve son harmonie intérieure, son unité. Il tourne le dos à la dispersion, à la multiplicité, à la division.

L’esprit et le cœur, l’âme et le corps se réconcilient. L’homme retrouve son unité originelle. Il retrouve l’image de Dieu et la ressemblance divine. Il est “déifié”. La déification est l’œuvre non pas de l’homme, mais de Dieu.

D’abord, la grâce montre à l’homme son péché, elle le fait surgir devant lui et elle l’amène à se juger lui-même. Puis peu à peu, elle accorde une profonde attention et l’attendrissement du cœur au moment de la prière.

Le corps lui aussi reçoit les effets de l’illumination :“Si ton œil, ton cœur est en bon état, tout ton corps en sera éclairé” (Mt 6,22)

Cette lumière pure, immatérielle qui transfigure le corps, est une anticipation de la résurrection. Ce sont les arrhes de la résurrection future.

Bibliographie :

La prière du cœur – J. Lafrance – Ed. Abbaye de Dourgne
Récits d’un pèlerin russe – Livre de Vie n°63

 

Prière

Seigneur
Jésus-Christ,
Fils de Dieu,
prends pitié de moi pécheur.

 

Orientation de vie

Essayons cette méthode, par petite touche. D’abord cinq minutes puis augmentons petit à petit. Au début, cela demande un effort, mais ensuite, nous nous surprendrons en état de prière.

 

 

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