Chemin 1; 2-5

Chemin de perfection

Editorial

En cette deuxième année de la préparation du 5ème centenaire de la naissance de Thérèse, l’Ordre du Carmel nous invite à lire ou relire le “Chemin de la Perfection ”

“Le Chemin de la perfection” est comme “un voyage intérieur vers la plénitude ”. L’être humain doit mûrir et doit apprendre à devenir une personne. Ainsi, Thérèse nous présente l’oraison comme un chemin vers la plénitude humaine. Un voyage pour nous remplir de Dieu, ou, pour mieux dire, pour laisser Dieu nous remplir de son amour et de sa vérité. “ Ne nous imaginons pas ‘vides ’ à l’intérieur ” (Ch. 28,10), rappelle Thérèse à ses sœurs carmélites dans son langage si personnel, si direct et si souple. Et elle nous le dit encore aujourd’hui.

Thérèse écrit et donne en même temps l’impression qu’elle est en train de parler avec tout le monde : avec ses premières destinataires et avec le lecteur de tous les temps. S’aventurer à lire “Le Chemin” suppose d’entrer dans un dialogue permanent avec Dieu, éternelle nouveauté. Mais en même temps, Dieu est celui qui est le plus proche de nous-mêmes, la réalité la plus intime, c’est-à-dire celui qui est pour nous le plus familier.

(traduction Marcelle Auclair 1,2-5)

2. En ce temps-là j’appris les malheurs de la France, les ravages qu’avaient faits ces luthériens, et combien se développait cette malheureuse secte. J’en eus grand chagrin, et comme si je pouvais quelque chose, ou comme si j’eusse été quelque chose, je pleurais devant le Seigneur et le suppliais de remédier à tant de maux. Je me sentais capable de donner mille fois ma vie pour sauver une des nombreuses âmes qui se perdaient là-bas. Me voyant femme et misérable, dans l’impossibilité d’être utile au service du Seigneur comme je l’aurais voulu, alors qu’il a tant d’ennemis et si peu d’amis, je n’aspirais et n’aspire qu’à ce que ces amis soient excellents ; j’ai donc décidé de faire le tout petit peu qui était à ma portée, c’est-à-dire suivre les conseils évangéliques aussi parfaitement que possible, et tâcher d’obtenir que les quelques religieuses qui sont ici fassent la même chose, confiante en la grande bonté de Dieu, qui ne manque jamais d’aider quiconque décide de tout quitter pour Lui. Comme ces religieuses étaient telles que je les souhaitais, mes fautes seraient inoffensives au milieu de leurs vertus, je pourrais contenter le Seigneur un tant soit peu, et toutes ensemble, vouées à prier pour les défenseurs de l’Église, pour les prédicateurs et les théologiens qui la défendent, nous aiderions dans la mesure de nos moyens mon Seigneur, si opprimé par ceux auxquels il a fait tant de bien, puisqu’il semble que ces traîtres voudraient le remettre sur la croix, sans qu’il trouve où reposer sa tête.

3. Ô mon Rédempteur, mon cœur ne peut considérer cela sans beaucoup de chagrin ! Qu’en est-il maintenant des chrétiens ? Faut-il toujours que ceux qui vous doivent le plus vous affligent ? Ceux à qui vous faites le plus de bien, ceux que vous choisissez pour amis, parmi lesquels vous vivez et auxquels vous vous communiquez par les sacrements ? Ne sont-ils pas rassasiés des tourments que vous avez subis pour eux?

4. C’est pourquoi, mon Seigneur, ce n’est rien, aujourd’hui, que de s’éloigner du monde. Puisqu’il se montre si déloyal à votre égard, que pouvons-nous en attendre ? Mériterions-nous, d’aventure, un meilleur traitement ? Lui aurions-nous fait, d’aventure, plus de bien, pour mériter qu’il nous garde son amitié ? Qu’est-ce là ? Qu’attendons-nous, nous à qui la bonté de Dieu a évité cette contagion pestilentielle, alors que les autres sont déjà la proie du démon ? Ils ont gagné de leurs mains un bon châtiment, et leurs délices leur ont bien acquis le feu éternel. C’est leur affaire ; malgré tout, mon coeur se brise de voir tant d’âmes se perdre. Leurs souffrances me touchent moins, mais je voudrais ne point voir qu’il s’en perd chaque jour davantage.

5. Ô mes soeurs dans le Christ ! Aidez-moi, pour l’obtenir, à supplier le Seigneur ; c’est dans ce but qu’il vous a réunies ici ; telle est votre vocation, telles doivent être vos affaires, tel doit être l’objet de vos désirs, celui de vos larmes et de vos instances ; non pas, mes soeurs, les affaires du monde, car tout en m’en affligeant, je ris quand on vient nous charger ici de demander à Sa Majesté des rentes et de l’argent, et cela de la part de personnes que je voudrais voir supplier Dieu de tout fouler aux pieds. Leur intention est bonne, leur dévotion est même évidente, mais je sais qu’Il ne m’écoute jamais lorsqu’il s’agit de ces choses-là. Le monde est en feu, on veut condamner à nouveau le Christ, comme on dit, puisqu’on élève contre lui mille faux témoignages, on veut jeter à terre son Église, et nous devrions perdre du temps à des choses qui priveraient le ciel d’une âme de plus, si par hasard Dieu les leur accordait ? Non, mes soeurs, nous ne vivons pas en des temps où l’on puisse parler à Dieu d’affaires de peu d’importance. J’étais heureuse d’avoir réalisé une œuvre qui, je le savais, était pour la gloire de Dieu et l’honneur de sa glorieuse Mère. Profonde était ma consolation d’avoir élevé dans cette localité une église sous le vocable de mon glorieux Père Saint Joseph. Mais j’ai toujours compris que c’est le Seigneur qui a tout fait.

Prière

bougies2Sainte Mère Thérèse de Jésus !
Toi qui t’es livrée tout entière au service de l’amour,
enseigne-nous à marcher avec détermination et fidélité sur le chemin de l’oraison intérieure,
en fixant notre attention sur le Seigneur Dieu Trinité,
toujours présent au plus intime de notre être.
Transmets-nous ton ardent amour apostolique
pour l’Église.

Que Jésus soit notre joie, notre espérance
et notre dynamisme,

Source inépuisable de la plus profonde intimité !

 

Parole pour aujourd’hui

therese avila enfantThérèse disait :

“ Je me sentais capable de donner mille fois ma vie pour sauver une des nombreuses âmes”
Quelle est ma sensibilité devant les maux de notre temps et quel engagement je peux prendre pour l’Eglise et le monde ?

“j’ai donc décidé de faire le tout petit peu qui était à ma portée ”
Et moi, quel est ce petit peu qui est à ma portée que je peux faire pour Dieu ?

 

 

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