Saint Joseph et SteThérèse d’Avila n°2

Editorial      

                 Maîtresse de vie spirituelle, Thérèse d’Avila dans toute son oeuvre témoigne de son expérience. Ses écrits laissent transparaitre sa profonde dévotion à Saint Joseph, son attachement intime à celui qu’elle appelle “mon père et mon seigneur”. Consciente qu’Il l’a beaucoup aidée dans les fondations de la Réforme, elle place dix monastères sous son patronage.                             

               Lorsqu’elle commence à faire l’éloge de Saint Joseph dans le livre de la Vie, elle le fait en se démarquant des dévotions qui se pratiquaient, elle le fait  en s’appuyant sur le récit évangélique et sur son expérience.

            Le point de départ de sa dévotion à Saint Joseph eut lieu dans l’infirmerie du Carmel où elle était épuisée par la maladie, comme elle le raconte au chapitre 6 de la Vie. Elle  témoigne que Saint Joseph est non seulement un bon “avocat” un protecteur sûr, mais aussi un excellent guide sur le chemin de l’oraison, un “maître” pour tous ceux qui prient.

       “Me voyant donc si percluse à un âge tendre encore, et considérant l’état où m’avaient réduite les médecins de la terre, je résolus de recourir à ceux du ciel pour obtenir ma guérison…(…)             

         Je pris pour avocat et pour patron le glorieux saint Joseph et je me recommandais beaucoup à lui. De cette détresse comme d’autres plus graves, où l’honneur et l’âme étaient en danger, je vis clairement mon père et Seigneur me tirer avec plus de profit que je ne savais lui en demander.

         Je n’ai pas souvenir, jusqu’à ce jour, de l’avoir jamais supplié de m’accorder quelque chose qu’il m’ait refusé. Les grandes faveurs que Dieu m’a faites par l’intermédiaire de ce bienheureux saint sont choses stupéfiantes, ainsi que les périls dont il m’a sauvegardée, corps et âme; il semblerait que le Seigneur a donné à d’autres saints le pouvoir de nous secourir dans certains cas, mais l’expérience m’a prouvé que ce glorieux saint nous secourt en toutes circonstances ; le Seigneur veut ainsi nous faire entendre que de même qu’il fut soumis sur terre à celui qu’on appelait son père, qui était son père nourricier, et qui à ce titre pouvait lui commander, il fait encore au ciel tout ce qu’il lui demande.

          D’autres personnes à qui j’ai conseillé de se recommander à lui ont fait, elles aussi, la même expérience ; et encore aujourd’hui nombreux sont ceux dont la ferveur à son égard est renouvelée par l’expérience de cette vérité.

          Je tâchais de célébrer sa fête avec toute la solennité possible, mais j’y mettais plus de vanité que d’esprit, malgré mes bonnes intentions, voulant que tout fût d’un grand raffinement et fait au mieux. J’avais ceci de mauvais : si le Seigneur m’accordait la grâce d’accomplir quelque chose de bien, j’y mêlais beaucoup d’imperfections et d’erreurs.                                        

        Je voulais persuader tout le monde d’avoir de la dévotion pour ce glorieux saint, car j’avais une grande expérience des bienfaits qu’il obtient de Dieu. Jamais je n’ai connu quelqu’un qui ait pour lui une sincère dévotion et le serve tout particulièrement sans mieux progresser dans la vertu; les âmes gagnent beaucoup à se confier à lui. Depuis plusieurs années, ce me semble, que je lui demande quelque chose le jour de sa fête, il m’a toujours exaucée; lorsque ma demande n’est pas tout à fait juste, il la redresse, pour mon plus grand bien.

           Si j’étais une personne d’assez d’autorité pour écrire, je m’attarderais de bon cœur à dire par le menu les faveurs que ce glorieux saint a accordées à moi-même et à d’autres; mais pour ne pas dire plus qu’on ne m’a commandé, je serai plus brève sur certains points que je ne le voudrais, et sur d’autres plus longue qu’il ne le faudrait; je me montrerai enfin comme à l’habitude, peu habile à bien faire. Je demande seulement, pour l’amour de Dieu, à ceux qui ne me croient pas d’en faire l’essai ; l’expérience leur montrera combien il est bienfaisant de se confier à ce glorieux patriarche et d’avoir de la dévotion pour lui.             

          Les personnes d’oraison, en particulier, devraient toujours s’attacher à lui; car je ne sais comment on peut penser à la Reine des Anges, au temps qu’elle vécut auprès de l’enfant Jésus, sans remercier saint Joseph de les avoir si efficacement aidés. Que ceux qui ne trouveraient pas de maître pour leur enseigner l’oraison prennent pour maître ce glorieux saint, et ils ne s’égareront pas en chemin. Plût au Seigneur que je ne me sois pas moi-même égarée en osant parler de lui, car tout en proclamant ma dévotion pour lui, j’ai toujours mal réussi à le servir et à l’imiter. Il me fit pourtant la faveur bien digne de lui de me permettre de me lever, de marcher, et de ne pas rester impotente; mais pareille à moi-même, je fis mauvais usage de cette faveur.»                                    Vie  6/6-8                  

           Maîtresse d’oraison, Thérèse veut nous convaincre de  prendre Saint Joseph  comme  modèle et maître d’oraison ; n’est-il pas, avec Marie, l’être humain qui a vécu le plus longtemps aux côtés de Jésus ? Lui qui a eu la grâce de vivre si proche de Jésus, de lui tenir compagnie dans la banalité du quotidien, il est bien placé pour nous enseigner une vie intérieure en prise avec le réel, .le recueillement, l’écoute de cette voix de  « fin silence»(1R 19/12), la rencontre de l’Ami véritable, la vie en présence du Dieu vivant présent à nos côtés.

 Résonnance dans notre vie…

Femme intrépide, Sainte Thérèse de Jésus ne cesse de nous entraîner à avancer sur le chemin de l’intériorité, de la relation avec Dieu.

Dans mon cheminement spirituel, dans ma vie de prière  son expérience, son témoignage peuvent–ils m’aider ?

Prière.     Prière à Joseph, mon ami

Joseph, on t’appelle le juste, le charpentier, le silencieux ;
moi, je veux t’appeler “mon ami”.
Avec Jésus, ton fils et mon Sauveur, Avec Marie, ton épouse et ma Mère, Tu as ta place dans mon cœur, tu as ta place dans ma vie.
Ta présence sur mon chemin, elle est discrète comme ton silence ;
mais je te reconnais bien à ton regard attentif,
à ton cœur disponible, à ta main secourable.    

Prends ma main et conduis-moi,
lorsque l’ombre et la nuit rendent mes pas incertains.
Joseph mon ami,  toi qui as cheminé à travers les rayons et les ombres,
apprends-moi à rencontrer le Seigneur dans le quotidien de ma vie.
Toi, le témoin étonné de l’action de l’Esprit,
aide-moi à reconnaître ses merveilles et à lui être soumis.
Garde bien ouverts mon cœur et ma main.
Amen.

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